Est ce qu’il y en a qui vote E.Macron par conviction?

Bah oui, y a moi.

Il y a un avantage à avoir eu la tête sous l’eau depuis des mois, j’étais un peu hors de la grande bassine actualito-faceboulikienne-médiatique et je me sens quelque peu épargnée de tout ce battage.
Une sorte de mediavirgininté en quelques sortes.

Oui non parce que je sais, je vous ai dit, il y a quelques semaines que j’allais essayer de revenir ici plus souvent… promis, l’intention est là. Mais j’ai quatre enfants, un travail, j’en apprends un autre à mes heures perdues, et j’ai essayé d’écrire un deuxième roman… autant vous dire que les heures perdues…

Oui, mais voilà, je me réveille depuis hier, et j’allume la radio, la télé, l’ordinateur, et… ce qui me frappe c’est que tout le monde se tape sur la gueule.
Logique me direz-vous, mais chose étonnante, c’est parfois (souvent) des gens très proches idéalistiquement qui s’écharpent..
Alors là, les gars, je trouve ça dommage.
C’est toujours dommage, d’une part de se prendre la tête avec ses amis, ses proches, mais encore plus pour de la politique… ils n’en valent pas la peine franchement…

La gauche se déchire.
Votera, votera pas, peste, choléra… OK, OK, admettons, vraiment, je ne juge pas. Moi même j’ai envisagé l’idée de ne pas aller voter si le choix qu’on me proposait était l’extrême droite vs la droite extrême, donc vraiment je peux comprendre l’idée.

Au-delà de ça, je suis absolument contre le prosélytisme, quel qu’il soit.
J’ai besoin de poser quelques mots ici, vous les lisez, vous les mettez en feu, peu importe.
Que vous alliez voter ou non n’est pas un but en soi pour moi.
Je pense que l’important dans la vie, c’est ce qu’on fait, d’abord au quotidien, d’aller vers le beau, de respecter l’autre et sa planète, de crée du lien, des œuvres, c’est ça l’engagement.
Cela ne peut pas, et ne doit pas se résumer, à un vote, ou à un non vote.
J’ai des amies très proches pour qui la logique est de ne pas aller voter dimanche, pour des raisons très personnelles et après une longue réflexion, je respecte ça, et je le comprends.

La seule chose qui me dérange, comme toujours, c’est la vision à court terme.
Ceux qui ont voté Sarko en 2007 pour râler deux mois après.
Ceux qui ont voté Trump et s’en mordent déjà les doigts…
La politique ne fait pas tout,et la démocratie c’est respecter le choix de la majorité, no problem… mais si la majorité pouvait réfléchir un minimum ça ferait plaisir. Mais tant que la logique, le raisonnement est à long terme, mais vraiment à long terme, je respecte tout.

Moi, personnellement, ma réflexion n’a pas besoin d’aller très loin, car dans ma bulle sous l’eau-esque, j’ai du raté le moment où Macron, tout aussi libéral soit-il, un peu arrogant sur les bords est devenu Voldemort.
Je n’ai pas d’affection particulière pour l’homme.
Bien sûr il a manoeuvré politiquement (who doesnt?) et il a un charisme alternatif j’en conviens.  J’ai beaucoup de désaccord avec lui, comme avec la plupart des hommes ou des femmes politiques. J’en prends, j’en laisse… politique quoi…
Mais le choléra? Really?
J’ai raté un truc.

Après, j’aimerais faire une analyse politico-linemesque de la situation.
C’est-à-dire qu’elle ne vaut rien. Absolument rien. Juste que je pose mes idées là.

Ce que j’ai envie de retenir moi, de cette élection, c’est l’extraordinaire score du FI.
Non, non pas du FN, ça on en parle déjà beaucoup, mais est-ce qu’on dit, que 1/5 de ce pays a choisi des vraies valeurs de gauche, une volonté de construire une nouvelle société ?
Mais qu’on souligne l’excellente campagne de la France Insoumise, la mobilisation des jeunes, des moins jeunes, plutôt que de bitcher sur leurs hésitations, légitimes quand même sur le moment, on en parle ou pas de leur excellent score?

Si l’on associe ce score avec ceux du PS, le vrai PS j’ai envie de dire, après le vote d’une primaire qui permet enfin d’illustrer que dans un même parti, tentaient de cohabiter des éléphants et des souris… cela fait à peur près 25 % de France de gauche. Mais vraiment de gauche.
Moi je trouve ça cool.
Ça ne fait pas assez pour gagner une élection, c’est dommage, j’en conviens.
Mais je maintiens que je trouve ça super cool.

Mon analyse politico-douchesque (je chante et je réfléchis, un super combo) réalise quand même que, même si j’aimerais beaucoup vivre dans un monde qui ressemble à mon quartier, ouvert, hyper respectueux, prêt au partage, au recyclage et à Nicki Minaj… le vrai monde, the real one… il est un tantinet différent.
Dans le vrai monde, qui bascule à droite, voire à l’extrême droite, de partout… il y a en France 22 +20 et des brouettes, 42 % de France de droite, mais bien droite quoi.

Alors j’ai fait un bac scientifique et 25 % c’est super cool, mais ça ne bat pas 42 %…
Je ne suis pas défaitiste pour autant.
Je suis idéaliste, je suis utopique… j’ai envie de vivre dans un monde meilleur qui ressemble à mon quartier !

Déjà, c’est important de dire que le quartier justement c’est primordial. Le local, les gens, c’est là que la vie se passe ! C’est là que tout commence, et l’avenir, le changement, il passera par là, forcément.

Mais au niveau national, désolée, mais non, je ne trouve pas qu’on puisse parler de fin du monde, si dans un pays qui penche tant à droite, quand on nous a promis un président homophobe qui ne pensait qu’à lui-même et ses petits semblables qui ont tout, ou une présidente xénophobe, homophobe, tout ce que vous voulez-ophobe qui fait des promesses de picsou magasine…
Eh ben nan moi je suis contente du résultat des élections.

Pas des 22 % d’aspirants fachistes non (désolée, je suis respectueuse, mais c’est vrai), ça bien sûr que non je ne suis pas contente.
Mais parce que je ne me sens pas seule à être de gauche dans ce pays, la vraie gauche.
Parce qu’il y a, encore, un futur, non pas idéal, mais dans lequel j’ai envie de me projeter.

Et je ne dis pas que ça parce que ça aurait pu être bien pire, non, je suis foncièrement contente, et j’irai voter sans rancœur, avec autant de conviction que j’ai voté en 2012 ou 2007, ou 2002.
J’ai rarement voté pour le candidat de mon cœur au 2e tour, n’est-ce pas tout le temps le cas ?
Pourquoi cette élection échapperait-elle à la règle ?

Est-ce qu’on redit aux gens de gauche, et ici spécialement puisqu’on parle beaucoup des droits lgbt (qui ne font pas tout, j’en conviens) que l’un des choix dit promettre (ça ne reste qu’une promesse on est d’accord) de poursuivre l’avancée vers l’égalité des droits quand l’autre promet tout simplement un pur retour en arrière et la libération de la parole des intolérants de toute sorte ?

Je le dis, j’irais voter avec presque + de conviction qu’en 2012. Parce que je préfère quelques désaccords assumés que des fausses promesses de quelqu’un qui se revendique de gauche. Je ne sais pas si je suis claire. Je serais moins déçue, dans un sens, c’est le pire, la déception.

Est ce qu’on redit puisqu’on se cristallise là dessus, que les conditions de travail ne peuvent se transformer miraculeusement dans le monde si global (qu’on peut déplorer, moi la première), mais dont on ne peut pas sortir d’un coup de baguette magique ?
Est-ce qu’on redit que beaucoup de monde critique la loi El Khomri (moi la première peut-être), mais que bien peu de monde ne l’a véritablement lue et comprise (moi la première) et que ce que personne ne dit (à part ma belle sœur qui elle a tout lu et tout compris c’est son travail) que ce n’est pas du tout la loi qui a modifié le plus les conditions de travail, mais les lois Rebsamen et que ça, personne n’en parle ?

Ce que je veux dire c’est que rien n’est parfait, et que chacun fera bien sûr comme il voudra, mais que rien n’est fini.

Qu’il sera toujours tant, pour les gens de gauche mécontents de se projeter dans les législatives pour construire une belle force de proposition, et mon petit doigt me dit que ce sera + constructif d’être dans l’opposition sous Macron que sous Lepen.

De toute façon, abandonner n’a jamais été une solution.
Abandonner, dans le monde d’aujourd’hui, c’est laisser les clefs du camion à tonton René qui a trop bu et qui n’y voit plus bien clair.
Alors, votez, ne votez pas, je m’en fiche, c’est personnel le vote. Chacun ses convictions, chacun ses raisons.
Mais réfléchissez.
Le tout c’est d’assumer ses actes, d’aller au bout de sa réflexion et de pouvoir se regarder dans la glace à la fin de la journée.

Non je ne voterai pas pour un président de gauche, mais je le ferai par conviction, oui assurément, et pas par dépit, uniquement pour faire barrage à quelqu’une en me pinçant le nez, non, j’irai comme pour donner mon avis entre deux projets, un pour lequel j’ai des réticences mais aussi des espérances, et un autre pour lequel j’ai juste envie de me pendre avec mes propres tripes ou de m’imôler moi, ma femme et mes enfants avec les derniers restes de la presse àpeuprès libre, avant que quelqu’une décide, comme un illustre aîné de le faire à notre place.

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