Bon, alors, on en est où?

 

Est ce que c’est parce que Lego a dit « Bon les filles, ça date un peu vos présentations là, il manque la moitié des enfants de la coloc! »
Est ce que c’est ce billet que m’a proposé QuatreEnfants qui a rallumé quelques lumières dans un coin de ma tête…
Est ce que c’est le printemps, le soleil qui chauffe, les nuits qui rallongent, et les jours aussi.. si, si, les deux en même temps c’est possible, c’est un concept..

Je ne sais pas, en tout cas, quelque chose a bougé, le genre de petite chose, imperceptible qui pourtant déclenche une cascade. Le battement d’aile, le papillon, tout ça quoi…
Quelque chose qui me pose là, moi, à m’asseoir à nouveau devant un écran blanc. Et des petites lettres.

Je vous préviens tout de suite, c’est une reprise, ça ne ressemblera à rien.. un peu comme le premier running du printemps, celui où tu dépasses à peine la rue d’à coté et où tu vomis tes tripes devant la boucherie. Quelle ironie, toujours.

C’est peut être parce que c’est l’heure des bilans, que j’ai réalisé avec ma nouvelle copine Julie – que j’aimais bien jusque là – que j’allais avoir 35 ans cette année – et là, d’un coup c’était plus ma copine.

Un bilan c’est l’heure où on regarde derrière…
Où on compte ses diplômes, ses mariages, ses enfants… ah ouais quand même… j’assume toujours pas completement.
Celui où on regarde au loin aussi, les projets, les enfants (pas les miens je vous rassure) années, les montagnes qui arrivent.

C’est aussi le moment où on regarde le présent, le truc qu’on oublie trop souvent de voir… la vie telle qu’elle est, ici et maintenant, sans le prisme des regrets ou celui des illusions… la chance que l’on a,  à l’instant I, ses bras, leurs sourires, leurs présences… Le bien du monde, le beau aussi…

Je sais, je sais, je ne suis pas claire…
On me le reproche souvent en ce moment…
C’est le propre d’un moment comme ça aussi non?
Il y a du flou (et j’aime le flou) du gris.
Des réponses qu’on attend sans savoir poser les questions.

Je pourrais m’asseoir à une table (j’aime beaucoup les tables), faire une liste (j’aime beaucoup les listes) de tout ce qui m’attend, de tout ce que je dois faire…
Du trivial plein du frigo, à l’intemporel vivre.

Continuer d’accompagner mes enfants,  à jouer au Loto, faire du vélo, des trucs rigolos.
à lire, à écrire, à grandir. Continuer d’essayer d’être une pote pas trop reloue, qui est là quand il faut, qui écoute et qui ronchonne pas trop. Continuer de m’éclater dans mon boulot, dans la vie en général. Continuer d’écrire, ici, là, boucler ce deuxième roman que mon éditeur attend en râlant. Etre là pour les gens que j’aime, elle surtout, eux bien sûr, et tous les autres. Et tous ceux à venir.

Rester dans ce mouvement.
Celui où peu importe la liste, pourvu qu’on aie l’ivresse.
Ou un truc qui va bien un peu dans ce genre.

Hier je me suis réveillée seule et j’ai vu la tour Eiffel. J’ai fait pleuré quelqu’un que j’avais rencontré l’avant veille. J’ai donné un euro à un mec à la gare et il m’a souri. Je me suis endormie à l’endroit que je préfère au monde.
C’est une journée sur un fil, je le sens, comme beaucoup de celles qui viennent de s’écouler et comme celles à venir.

Lost in translation.
La prochaine fois sera plus clair, promis.
Ou pas.

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