Comme des oiseaux mazoutés

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Le laid c’est envahissant.
Vous ne trouvez pas ?
On a beau savoir que c’est moche, que ça pue, qu’il faut se boucher le nez et passer son chemin, le laid ça prend de la place.
Nous voilà un peu comme des oiseaux mazoutés à nous monter dessus pour sauver notre peau, nos plumes. Alors qu’on est tous des oiseaux. Qu’on vient tous du même nid.
Pourtant, on le sait il faudrait désespérément s’accrocher à la beauté. Accepter de la voir partout, dans tout. Le sourire du type dans la salle d’attente, les yeux bleus de la fille qui a le passe de la salle de formation, l’air doux du gars qui fait la manche au rond point.
La beauté dans l’air fatigué d’une maman qui lutte pour que son enfant autiste profite d’un anniversaire.
La beauté dans ce petit pull marron qu’elle met et qui me fait définitivement aimer le froid.
La beauté dans ce film turc désespérant pourtant de vérité.
La beauté dans les yeux délavés de cette femme dans le miroir…
Ah ben non chui con c’est moi !
Allez oui tant pis, un peu de self confidence : ma beauté aussi.
Dans mes choix et mes non choix.
Dans mes valeurs et dans ma communauté. Même si elle se divise un peu ces temps. Même si elle est à nouveau la cible ou la future cible (merci François) des mazouteurs. Des laids, des tristes. De ceux qui prennent encore et toujours les mêmes idées et qui recommencent. Qui se reproduisent entre eux.
A droite. A gauche. Aux extrêmes. Au centre.
A faire se pendre une girouette.
Le laid.
Mais alors vers où aller ?
Vers le beau.
Toujours.
A contre-courant. A contre-temps.
Fermer les écoutilles et ouvrir son coeur.
Agir, débattre, proposer, voter, contre-voter, s’abstenir… mais y croire. Avoir la foi.
Caresser, prêter, regarder, sourire, s’excuser, donner, embrasser, battre des ailes, lécher les plaies… quoi c’est dégueulasse ?
Mais non ça l’est pas. C’est beau.
Ne nous trompons pas.
Le beau n’existe que parce qu’il y a le laid.
Nous ne trouverons des solutions, du pardon, des idées que parce qu’ils font actuellement défaut.. Nous nous remettrons à faire la fête, à danser, à nous aimer parce que nous en aurons marre de subir la violence des mots.
Et des balles.
Le laid c’est envahissant mais ça ne peut pas tout prendre. S’il reste de l’espoir, de l’amour et de l’amitié, il y a de la place pour tout renverser. Pour tout reprendre. Le cours de nos vies, les bulletins dans l’urne, les projets, les rêves. Nos ailes…
Décoller.
Et nous dé-coller. De toute cette merde. De tout ce laid.
Pour aller vers le beau.
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