Du militantisme de la parentalité

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J’ai 4 enfants. ça vous le savez…
Mais ce vous ne savez pas, parce que je viens tout juste de l’apprendre, c’est que je suis une mauvaise maman.
Et que, sûrement je vais aller à l’enfer des parents.

Quand j’ai eu BradPittou (Lardon 1er du nom), j’ai accouché et je suis rentrée avec lui sous le bras au bout de quelques heures, j’ai repris le travail au bout de quelques mois, je l’ai allaité longtemps (9 mois je crois, j’ai arrêté au moment où il croquait dans des steaks à pleines dents et où sa bouche me paraissait alors avoir plus sa place que sur mon sein). Je l’ai plutôt bien vécu. Ensuite Goslinou, Lardon numéro 2, pareil, j’ai pris un congés de quelques mois exprès après sa naissance, allaitement long, bref, idem. Jamais je ne me suis sentie une mauvaise maman.. une maman qui galérait des fois, une maman qui pleurait parfois mais une maman quoi.

Et puis est arrivée ma dernière grossesse, et mes deux allumettes.
Et entre temps, 5 ans donc, la société a évolué, ou je ne sais pas, j’ai du vieillir, prendre un coup de Bledina derrière la tête mais sont apparus des mots comme maternage proximal, motricité libre, DME.. et autres sigles en tout genre.

Quand tu as des enfants, forcément, tu as envie de bien faire.
C’est, je pense, ce qui rapproche le plus de parents.
Mais c’est là où ça part en live. On veut tous bien faire, mais on fait tous différemment.
Est-ce que pour autant il y a un classement?
Toi t’es proximale et toi non t’es une maman quoi.. distale?
Définition du Larousse : Se dit de la partie d’un organe, ou d’un membre qui est la plus éloignée d’un organe de référence ou du tronc.
Donc appliquée à la maternité, tu seras la maman éloignée donc distante du bébé de référence.
Et paf dans ton Liniment.

Non parce que là, moi, mon allaitement de twins de 6 mois « seulement », ma reprise du travail, et le fait que je ronchonne parce que les puces se réveillent des fois la nuit et ben paf, j’ai pas passé mon étoile.

Le maternage proximal qu’est-ce que c’est?
Certains en parleraient bien mieux que moi, et je les laisserais faire.
Le pire, c’est que je respecte tout ça, j’adhère à la plupart de ces principes, peut-être que c’est juste une histoire de forme, de nom qui me turlupine…
Etre une maman proximale… c’est quoi?

Nan parce que c’est raté pour moi mais bon, autant que je vous éclaire.
En gros hein (et que les mamans proximales ne m’en veuillent pas de mal résumer, j’ai raté le test), c’est choisir un mode de garde exclusivement parental (soit on devient parent au foyer, soit l’un travaille de jour, l’autre de nuit), c’est satisfaire, et de préférence en donnant le sein, tous les besoins de son bébé… alors là tu te dis, mais euh moi, j’allaite pas toutes les heures la nuit c’est vrai mais je n’ai pas l’impression pour autant de « ne pas satisfaire les besoins de mon bébé, si? Ah bah si.. suis-je bête.. »
Il a tout le temps faim le bébé proximal?
Non mais le sein est aussi un moment câlin.. certes, mais à ce moment là, si je câline mon bébé et que, quand j’identifie le besoin » faim » je lui donne, j’ai pas bon?.. Nan, pas top..
Si ça vous intéresse, une autre maman recalée en parle excellemment bien ici

Encore une fois, qu’on en revienne à des choses naturelles, à prendre du temps avec nos enfants, à les aimer, les câliner, ok mille fois ok.
Ce qui me chiffonne c’est le jugement et la culpabilité insidieuse qui s’échappent de tout ça.
Allaiter jusqu’à que l’enfant décide d’arrêter, partager son lit avec son ou ses enfants, vraiment, je trouve ça très respectable et je ne juge absolument pas les mamans qui décident de le faire.

Simplement, moi, mon envie d’avoir un lit à moi, un allaitement que peut-être « je » déciderai d’arrêter un jour, j’ai pas envie de me dire pour autant que je suis une maman « distale ».

C’est là où le bas blesse, les mots qui catégorisent, qui classent (et donc qui jugent) et le militantisme qui à mon sens ne s’applique pas, du tout, à la parentalité.
Qu’on informe, qu’on pratique, ok, pas de problème.
Mais on est parent comme on veut, comme on sent, et surtout comme on peut.
Il n’y a pas de place pour le militantisme là dedans.

J’ai co-dodoté, j’ai appris la langue des signes, j’ai donc allaité 9 mois BradPittou et 6 mois, et peut être plus, des twins (ça compte pas double, non?), j’aime bien la motricité libre, je lis Filliozat, Gordon, relis Filliozat, je fais des purées maison (bio) à mes enfants mais… j’ai décidé de garder une activité professionnelle, parfois je vais chez l’esthéticienne et le coiffeur en les mettant à la crèche (si, si..), je vais faire du sport, j’ai envie d’avoir du temps de couple avant leur majorité, parfois je les mets dans un transat, ou sur un tapis avec des arches, dans des couches jetables et oh vaderetro satanas je les ai fait vacciner.

Mais en fait.. ça n’a pas passé le comité de proximalité mais ce que je tiens à dire pour ma défense votre honneur, c’est que j’ai fait tout ça, et je continue de le faire, pour le bien être de mes enfants.
Leur bien être proximal, horizontal, vertical, pour eux quoi.
Parce que j’essaie, à chaque instant, à leur niveau, d’en faire des futurs hommes et femmes responsables, autonomes et bien dans leur baskets, et que je me dis qu’il faudra pas moins de 18 ans pour ça…
Et surtout parce que bêtement, je me dis que j’ai envie qu’ils aient une maman qui se sent bien dans ses Campers, qui a un couple solide qui va tenir jusqu’à bien au-delà de leur majorité.. et pour ça, on a besoin d’un lit à nous, de prendre soin de nous, de se reposer des fois aussi.

On parle souvent du dilemme de savoir qui de la poule et de l’oeuf est arrivé en premier.
(Métaphore d’un autre monde en approche, attention)
Et bah moi, mes lardons, s’ils sont là, c’est parce qu’on était là avant.
Sûr de sûr.
Moi déjà, et son autre maman.
Si on oublie ça, si on se perd en route, soit même ou à deux, on aura beau les avoir portés plutôt que mis dans une poussette, les avoir allaités 3 ans, les avoir protégés du monde extérieur si méchant semble t’il.. si notre monde explose, et le leur avec, à quoi bon?

Je me dis aussi qu’un enfant n’a pas besoin d’être au sein toutes les heures pour sentir tout l’amour que je lui porte, que donner un biberon les yeux dans les yeux c’est un des trucs les plus forts que j’ai jamais ressenti, et à la limite, peu importe ce que JE me dis. Je me le dis parce que je le sens comme ça. Que ce sont mes enfants, mes seins, mes fucking feelings…
Et que si on veut promouvoir un retour aux sources, à la nature, c’est à cet instinct qu’on devrait faire appel.
Et il sera fatalement très personnel.

Alors, voilà. C’est mon coup de gueule du jour.

Attention hein.. je ne juge pas l’allaitement long, court, je m’en fiche qu’on donne du lait artificiel à son enfant, du lait de chèvre, de soja, de kangourou..
Chacun est libre de vivre sa vie, de dormir avec qui il veut, son bébé, son ado, ses jumeaux, d’utiliser des couches lavables, des Pampers, des moon cup, rien du tout si ça vous chante (ça s’appelle pratiquer le flux instinctif, je vous laisse essayer hein moi j’ai piscine), des soustifs d’allaitement à vie, des nipple clamp, ce que vous voulez.
Je ne juge pas le portage, le bondage, peu m’importe, vraiment.. mais s’il vous plait, arrêtez avec ce mot de maternage.
On est maman.
Point.

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