Une seconde chance

Il y avait cette recherche d’éditeurs pour mon manuscrit, combien avais-je parcouru de sites ces derniers temps, à la recherche de cette fameuse ligne éditoriale? Il y a eu cette centaine de synopsis, et celui-ci lu au hasard des clics, « Dis-moi oui », l’histoire d’un couple de femmes, si rare dans les maisons d’édition généralistes. Je m’étais dit qu’il faudrait le commander comme je me suis dis qu’il fallait que je renouvelle mon abonnement à la salle de sport, un jour. Et puis dès le lendemain je me suis retrouvée par hasard devant des immenses rayonnages, et déjà j’étais lassée devant le choix, mais prend une lettre au hasard et fouille ai-je pensé, j’ai dit K et je suis tombée sur Brigitte Kernel dont j’avais totalement pas retenu le nom et ces deux-là bien rangés et tout lisses : « dis-moi oui » et « à cause d’un baiser » dont j’apprends qu’il est le premier volume de ce bouquin dont j’avais brièvement lu le résumé la veille.

Je ne sais pas pourquoi ces bouquins plutôt qu’un autre, je ne suis pas particulièrement à la recherche de lecture de ce genre. Peut-être parce que je suis dans un vieux couple moi aussi, et qu’aux jeux des chaises musicales, avec cette symphonie ensorceleuse qui promet ivresse et nouveauté et s’arrête brusquement, peut-être que dans ce jeu de chaises musicales des vieux couples donc, je constate avec tristesse que ce cercle autrefois si grand se réduit désormais à quelques places assises. Mais pas que. Parce que j’ai appris que cela ne se résume pas à compter des morts sur un champ de bataille, qu’il y a les autres aussi, les blessés qui se trainent, se relèvent et apprennent ensemble.

A cause d’un baiser

D’elle, son nom n’est jamais prononcé, on devine sans peine l’auteure derrière ce « je » tourmenté. D’elles, on retiendra Léa et Marie.

Léa, Marie ; Marie- Léa, scandés simultanément par l’auteure.

 » Qui de nous deux a la première oublié d’embrasser l’autre avant de dormir?
Qui de nous deux a retiré  sa main de la paume de l’autre dans une promenade?
Qui de nous deux a commencé à avoir moins de désir pour l’autre? »

Voila les questions que l’auteure se pose au sujet de Léa. Léa à la vie à la mort, Léa avec qui elle est pacsée et a acheté un appartement. « Elle était si parfaite, comment avais-je pu soudain aimer une autre personne? Que deux coups de téléphone, un déjeuner, un seul baiser et quelques caresses remettent à ce point ma vie, notre vie, en question? Qu’est-ce qui m’avait pris de dire aussi vite à Léa : j’ai embrassé une autre femme? ».  Il y a Marie, ses rires, sa fragilité. Ne pas perdre Léa  mais ne pouvoir renoncer à Marie. Il y a une écriture vive, brute qui nous renvoie à la douleur et la colère de Léa. Le tiraillement de l’auteure, ses bonnes résolutions et ses vacillements.

Dis-moi oui

C’est l’histoire d’un fantasme. Consommé. Puis progressivement consumé. Léa a refait sa vie avec une autre. Mais pour l’auteure, que reste-t-il une fois l’interdit levé ? L’émerveillement passé ? Lorsque cette autre nous devient familière, trop familière, et  ne se révèle pas être l’enchantement attendu?

« Reste la honte de s’être égarée, d’avoir été naïve. Mais en amour une seconde chance est-elle possible? L’auteure s’interroge. Entre Paris, Montreal et Las Vegas, elle  va tout mettre en oeuvre pour trouver la réponse ».

Brigitte Kernel, « A cause d’un baiser », « Dis-moi oui », aux Editions Flammarion

 

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