Parce que ma vie…

mouvement

Je pourrais reprendre l’image d’une pote, qui se sentait comme une particule dans l’accélérateur de la vie..
Mais je vais lui laisser l’image. J’ai pas une tête de particule.
(Je vous préviens ce post va être du grand n’importe quoi.)

Je suis le genre de fille qui se dit tous les ans « Bon cette année je ne fais rien ».
Et qui deux mois après regarde passer les arbres flous dans la fenêtre d’un train à grande vitesse en se disant qu’il ne pourrait en être autrement.

Il y a trois ans, j’ai dit « Ok ça suffit, on claque tout on part à Bali ».
L’an dernier à exactement la même époque, je planifiais notre départ pour la Californie.
Le mois dernier, je pensais à construire une maison, ici. Chez nous.
La semaine dernière je disais ‘En fait quitte à gérer nous seules, autant être à San Francisco finalement. »

Je suis un paradoxe ambulant dans un jean devenu trop grand.

Et pourtant j’ai pas l’impression de changer, c’est ça le pire.
Les gens proches qui me connaissent vous diraient « Ah bah oui, rien de nouveau sous le soleil ».
Cette trajectoire, ce perpétuel déplacement, ces contradictions, ces dilemmes, mouvement permanent.
Dans ma tête, mes mains, mes pieds quand je m’endors…
Mais parce que c’est ça ma vie, notre vie..
C’est quatre enfants à trente ans, et des brouettes, c’est écrire un roman entre la crèche, l’école et les terrible two, d’en finir un second avec des twins accrochées au sein..
Et de pas trouver ça si difficile et étonnant au fond.

Ma vie, c’est se poser en octobre sur une plage d’Andalousie, seules two, se retrouver, se dire qu’on va souffler, qu’on doit le faire..
Et se retrouver enceinte, en janvier, de jumelles.
Ma vie c’est cuisiner pour inviter des potes à manger malgré la tête enfarinée des nuits entrecoupées. C’est dire dimanche que non on ne va pas déménager tout de suite on est trop bien dans notre chez nous et on a autre chose à s’occuper et faire des croquis de cloison à abattre le jeudi et mesurer si mes tableaux passent dans le (futur) couloir de l’entrée. C’est quitter mes chaussettes à la sieste pour qu’elle lève les yeux des « aléas géologiques et de la dissolution du gypse dans le bassin parisien ».

Parce que ma vie, c’est ça, toujours trop, toujours vite, fort.. trop?
… Vraie question.
Très. Vite. Parce que la vie. Parce que ma vie.
C’est faire des choses insensées,
Mais ne jamais rien regretter.

Il y a tant de choses que je n’aurais pas « du faire ». Des portes que j’ai ouverte malgré les vents et les avis contraires. Et le pire, c’est que c’est là que naissent, je crois, tous les plus beaux souvenirs de ma vie…

Je pourrais vous faire la thèse et l’antithèse d’à peu près tous les sujets du moment de ma vie.. le déménagement, la reprise du travail..

Et puis il y a des moments où tout s’arrête, malgré tout.
De plus en plus de moment, des bulles hors du temps où rien ni personne ne peut m’atteindre.
Ceux où je les regarde dormir…
Sourire, courir, se lancer à vélo, nager sans brassard, tracer des lettres hésitantes sur un tableau noir.
Il y a ces matins où mon fils se met à « écrire un livre avec toi maman, moi je ferai les dessins et toi les lettres ».
Celui où je les regarde sourire et me demande comment j’ai pu fabriquer des êtres aussi cute.
Ses bras qui me serrent, « maman je dois te dire un secret dans l’oreille.. je t’aime très très fort ».

C’est ça ma vie.
Faire des choses insensées.
Mais ne jamais regretter.
Et ne jamais arrêter.

Publicités