Chroniques d’un lamentin échoué au ciné – 3

 

lamentin2

Tatatata, j’entends déjà les mauvaises langues (Hein Marion P., oui toi là bas!), oui, oui.. et oui ! Je rentre encore dans un siège de cinéma. Je suis un lamentin de compet moi madame, même de biais, la tête à l’envers, je rentre ! Y a juste la nageoire qui dépasse un peu du pose-gobelet mais tranquille je rentre.

Alors voilà, mercredi, c’était un de nos derniers mercredis à 2…
A force de dire ça je me rends compte qu’il y a beaucoup de « dernier » mais vu que la beauté de la grossesse (qui a dit « mon c.. oui.. »?) c’est qu’on sait quand ça commence.. à priori hein, sauf pour une certaine Marie de N… on sait jamais trop à l’avance quand (ni comment.. mais c’est un autre débat) ça finit.
Alors nous, dans le doute.. parce qu’on connaît un peu le schmilblick après.. et encore on se doute que version double cheese, ça va être sympatoche (mot vintage, spéciale dédicace), on AN-TI-CI-PE ! (Vous ai-je dit que j’avais déjà fait mes cadeaux de Noël?)

Bref je m’égare. Ce qui, vous en conviendrez, est assez cocasse pour un lamentin… Non, parce qu’un lamentin c’est un peu comme un éléphant, c’est dur à perdre, tu vois? C’est pas un moustique qui vol le soir sur un mur gris, ou un trousseau de clefs, c’est.. « massif » pour le moins, donc à égarer tu vois, hein? quoi? La chronique? Ah oui pardon, je disais que.. je m’égarais.

Donc, retrouvons nos moutons, c’était un de nos derniers mercredis.
Ma chérie, je l’ai déjà dit je crois mais je pourrais le placarder sur les murs du Stade de France que ça ne suffirait pas.. abat un travail énormissimme depuis le début de cette grossesse.
C’est pas toujours simple la grossesse, ça je peux le comprendre, le dire, témoigner, jurer et cracher. Mais s’il y a bien quelque chose qui n’est pas + simple, si ce n’est -, c’est la place d’à coté de la grossesse.
C’est simple, c’est un peu comme dans la voiture. Conduire, c’est diriger, il faut connaître 2 ou 3 trucs, mais on maitrise. La place d’à coté, elle s’appelle comment déjà?…
Et ben la grossesse, c’est pas tout à fait pareil, mais je peux vous le dire, jurer, certifier, signer, double cracher, c’est pire.

Et pourtant, Dieu sait que je suis chiante, que je me plains souvent (? hein? des réclamations sur l’adverbe?), que j’ai mal au dos, aux hanches, le ventre et les seins qui vont certainement exploser (si, si, arrêtez de me protéger il faut que j’affronte la vérité en face.. en plus la connasse d’esthéticienne qui dit que des conneries, remember? Elle m’a dit que non, ça allaite tenir.. donc CQFD), bref, que je mesure ce que représente une grossesse.
Et ben je le dis quand même..tin-nin-nin-nunnun-nin… 🙂 Oui je l’aime, mais oui mille fois oui c’est SA place la plus difficile.

Et puis j’ai raison d’abord, parce que je suis enceinte et qu’il ne faut pas me contrarier.
Mais aussi et surtout parce que, je peux vous le dire, j’ai fait les 2, et c’est pas donné à tout le monde de faire ça, et je le redis.
Pire place : à coté.

Bref, j’avais envie de lui faire une petite journée trop bien. Le plan A c’était restau gastro qu’elle connaît pas, piscine et farniente mais comme la vie n’est pas simple, ça a été plan B et que même c’était trop un bon plan B : shopping de tout petit pyj naissance rose trop beauuuuuu, manger des crêpes (sans métaphore), ciné et cocooning.

Le ciné, chez nous, le tarif c’est une fois par an.
Alors quand notre dernier mercredi à 2 sort ZE film du moment dans le milieu LGBT avec Cécile de F. bah c’est un signe. Et moi j’aime bien les signes. En plus, emmenez nos deux filles à un film sur la naissance de la mouvance féministe et leur faire entendre le chant du MLF en dolby surrround, je pense que c’était un bon premier geste de parenting. Tout comme leur faire goûter la veille de la tartiflette. Parce que c’est in utéro que ça commence à rentrer, les bases, les vraies valeurs.
Bon, vous me rappellerez plus tard que si l’une des deux tombe amoureuse de Cécile de France, faudra pas que j’aille chercher bien loin.

C’était un chouette film. Très.
C’était un encore plus chouette mercredi.

Chaque « dernier » me repose aussi dans les bases que j’ai, parfois, tendance à oublier.
Celles qui font que je suis là aujourd’hui.
Là à vous parler et à vous raconter n’importe quoi, mais aussi et surtout là, à attendre l’arrivée d’un enfant… que dis-je, de deux enfants.
Que dans tous les projets que j’ai mené dans les treize dernières années.. et il y en a eu.. il y a toujours eu, à chaque fois, une seule et même personne à mes cotés. Que ce soit quand j’ai voulu me lancer dans le TaiChi, entrer dans le monde virtuel de Human Epic, devenir championne du monde à Manager ChampionChip, participer à une communauté d’ado en folie (j’avais 22ans) fan d’équitation et de ski joerring…

Partir au bout du monde, écrire un roman, faire des enfants.

Quoiqu’il arrive, ici, là, ou là bas, notre famille sera ma plus belle réussite.
Du premier jour, un samedi.. au dernier mercredi.

Alors…
A celle qui est et a toujours été sur la balançoire.
A celle qui supporte mes « putainsamère » toutes les 2secondes la nuit, mes 150 « elle est solaire non? » chuchotés à chaque fois que Cécile apparaît sur l’écran, celle qui m’a vidée à ce jour 7 bouteilles d’huile Welada anti vergetures sur le ventre, celle qui a repeint les murs, fait les trous au plafond, branché les luminaires, accroché les cadres, lavé les petits pyjama trop mignonnnnnns, celle qui prépare, habille, fait manger, emmène, ramène les lardons au centre aéré tous les jours, celle qui fait les best of ze best cookies home made of ze galaxy.
A celle qui est à mes côtés…
Merci…

Et c’est pas le dernier…

Publicités