Fête des Mères

Lorsque l’institutrice de ma fille m’a donné un joli paquet ficelé quelques jours avant la fête des mères, je n’avais pas percuté. C’est pas faute pourtant de fréquenter les forums d’homoparentalité et ses différents sujets depuis des années. Mais là entre un déménagement, les vaccins, le fait de fêter et refêter mon départ du boulot au cubi de rosé, de rédiger des notes sur le guide du routard etc…L’information n’est pas remontée jusqu’à mon cerveau gauche. Et au bout de quelques jours, j’en viens à cette réflexion très logique, n’est ce pas? que s’il y a une fête des mères, il y a aussi son pendant, la fête des pères. Et j’imagine ma loulette au milieu de ses petits copains écrire maladroitement un « bonne fête papa » ou faire une carte en forme de scie (En fait j’en sais rien mais une fois j’ai vu une carte de fête des pères en forme de scie et j’ai trouvé ça chouette mais bref).

Donc un matin, j’ai coincé la maîtresse, au courant évidemment de la configuration familiale de Loulette. Et pour moi c’était donc une formalité de le lui rappeler pour savoir comment elle allait gérer le cadeau de la fête des pères. Visiblement c’était pas évidence pour elle. Je ne plus quels mots exacts j’ai utilisé, un truc du genre « je voulais savoir comment vous aviez envisagé les choses pour Loulette car elle n’a pas de papa mais deux mamans… ».

Et là je la vois cligner un seul oeil. Un clignement, deux clignements puis son oeil gauche qui s’agite et sa main qui gratte convulsivement sa joue. Vous vous rappelez de Woogie dans Mary à tout prix :

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Ben pareil.

« Et bien elle fera comme les autres…une carte décorée…avec un poème bonne fête papa…enfin peut être qu’on gommera le mot papa, voila on gommera le mot papa… ».

Oups. C’est donc Nanou (vous savez l’assistante qui nous a parlé de son fils gay qui voulait être papa), qui me refile en grommelant une enveloppe quelques jours avant ce fameux 21 juin « bon hein je vous la donne, bon… » et j’ai posé l’enveloppe sur un tas de trucs du bon coin à livrer et elle est restée là jusqu’à la fin de la semaine et je n’y ai plus pensé.

Et puis vendredi dans la voiture je retombe dessus et je me dis que je n’ai pas envie d’ouvrir ce cadeau dimanche avec un « bonne fête papa » et que je préfère gérer les choses avant. On y voit une grande carte colorée, avec une photo de Loulette, des lunes, des croix (j’ai appris récemment que c’était pas un emplacement pour la carte au trésor mais qu’elle avait dessiné un cimetière, autre sujet d’article le donneur de ma fille doit être Tim Burton), des paillettes et le redouté poème intitulé…

« Petite maman ».

Nom qui n’a pas été choisi au hasard car tout le monde sait que je m’appelle « Maman petite » et c’est dommage pour ma chérie car bizarrement il n’existe pas de poème qui s’appelle « Grosse maman ». (voir l’article « maman, manoue et les autres » pour les noms des mamans).

J’ai quand même été soulagée sur le coup et émue de cette prise en compte de notre famille.

Je n’ai pas pour habitude de chercher des problèmes là où il n’y en a pas mais j’avais quand même envie de savoir ce que Loulette, qui n’a rien fait paraitre, avait ressenti de faire un cadeau pour la fête des pères.

« Beeeen il y a la fête DES mèreS, DES PèreS…et moi j’ai des mères, alors j’ai dis à mes copines que je faisais deux cadeaux pour mes mamans parce que moi je fais la fêtes des mèreS ». Comme quoi le premier degré chez les enfants de trois ans ça a du bon….

 

 

 

 

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