Fin de la « gueule de bois étudiante de trois mois »

twins

Je viens de relire qu’on décrit souvent le 2e trimestre comme « trois mois bien entre trois mois de gueule de bois étudiante et trois mois de baleine échouée« .
ça fait rêver non?
C’est donc avec un plaisir non dissimulé que je viens célébrer avec vous ce passage, et le début des trois derniers mois de ma vie.. Overréaction : réaction normale de grossesse.

Je vais quand même pas me plaindre, le premier trimestre qui s’achève s’est plutôt bien passé. Les mauvaises langues diront que j’avais de l’entraînement niveau gueule de bois étudiante et que j’ai donc pas vraiment vu de différence, mais quand même. Les hormones m’ont bien soûlée et/ou fait rigoler par moment mais c’est le jeu ma pauvre Lucette.

Après avoir tester les limites de mon corps et améliorer mon record du 100m haie (sous la forme de construction en Duplo) jusqu’aux toilettes, je retrouve peu à peu un estomac normal, et je peux même prendre mes vitamines ! Youhou. Rappel : Réaction exacerbée de grossesse persistante.
Il reste quand même que je sens que mes neurones embués d’hormones ont des airs d’Eve Angeli, mais bon, ça me fait rire et ça fait rire mon entourage. Et Eve, si tu nous lis (lol) ne change rien.

Cela dit, les hormones c’est quand même un peu chiant.
Déjà, ça vous fait pleurer pour tout et rien (mais surtout rien) : exemple l’autre jour, parce que je trouvais qu’une collègue parlait trop fort pas loin de mon bureau et ça m’a énervé ou qu’une de mes patientes m’a remercié trois fois.
C’est chiant aussi et surtout quand ça fout en l’air mes repères dans ma vie sexuelle et que ça anéantit ma libido (comprendre : parfois ne pas faire l’amour pendant 3 jours au lieu de 2, nan mais t-r-o-i-s jours, un drame, le bout de ma vie, alo quoi) (Rappel : overéaction blablabla).
« Problème » face auquel ma femme, très philosophe, a répondu « T’inquiète pas, c’est normal, c’est le premier trimestre, d’ailleurs il finit jeudi, je vais ù^$*******# après… » NB : Les bonnes manières, la langue française, la décence, ma mère qui lit peut-être ses lignes, coucou maman, Christine Boutin, et le fou rire que j’ai encore d’y repenser, m’empêche de vous retranscrire ses mots exacts. Mais j’ai un peu peur quand même.

Du coup, je pleure, je souris, je m’énerve, je me calme, je dis que je me plains plus, je ronchonne, bref, je suis très moi en fait. En version XL.

Ce qui est bien par contre avec ces hormones, c’est que ça diffuse une sorte de bienveillance autour de moi.
Mes collègues m’ouvrent la porte, me poussent des chaises, me reprennent mes gardes de nuit pourries. Mon frère vient d’Espagne pour vider le sac de recyclage de verre qui traîne depuis des mois (nb : les mauvaises langues pourraient dire que je n’étais pas enceinte il y a 6 mois. Fuck les mauvaises langues !) Et ma chérie redouble de patience et de bienveillance, même si promis, sur la tête de mon chat, je n’abuse pas de la « Twin Card ».
Dernière utilisation en date : l’autre nuit chez ma belle-mère, j’avais décrété que j’avais froid et mis le chauffage à 25, ce qui fait qu’on est allé se coucher dans un sauna, mais que, par mauvaise foi hormonale, j’ai argué avoir du mal à me réchauffer, avant de,  après avoir fait la tranche de pain grillée dans le lit depuis deux heures, décrété qu’il fallait éteindre ce putain de chauffage et ouvrir la fenêtre et lui reprocher (en rigolant hein) de m’avoir laisser faire un truc aussi stupide.

Mais voilà, ce fameux premier trimestre touche à sa fin.
J’apprends à dompter mes hormones. Je lis Biba et « comment réagir face à une panne? » dans les pages « nos hommes », j’apprends beaucoup de choses même si j’aurais toujours la même philosophie face à ça, celle de Joey dans Friends qui répond que oui ça lui est déjà arrivé « And what did you do? I dit it anyway ». Tout est dit.

Je découvre aussi des envies nouvelles.
Pour la grossesse de BradPittou j’étais devenue fan des pommes à un moment donné et des tartes au citron. Là, c’est encore nouveau. Je suis absolument inconditionnelle des radis. C’est simple, j’ai déjà appelé ma femme en larmes parce que y avait plus de radis à la maison. J’achète des radis, je mange des radis, je rachète des radis, bref, j’aime les radis.

La grossesse reste indéniablement une épreuve unique de la vie, et au delà de toutes les bêtises que je raconte, le truc le plus important, enfin les deux trucs les plus importants, c’est quand même les deux lardons qui sautillent dans mon ventre.
Nos deux peanuts gigotent déjà depuis un moment, c’est incroyablement tôt pour les sentir mais je pense que c’est qu’ils sont deux et qu’ils prennent plus de place. Ou alors que le six pack de bière qui les recouvre décuple les sensations je sais pas. Enfin j’en sais rien, je dis n’importe quoi faut pas m’écouter.

J’ai l’immense chance de pouvoir leur faire des coucous régulièrement et je peux admirer les positions de nage synchronisée version sardines bien rangée, version tête-bêche (spéciale dédicace à ma chérie qui adore ce mot), version « double kick dans ta face de toi mon twin qui dort tout sage à côté ». C’est assez magique.

Niveau lardon ou allumette, les paris sont ouverts… Moi j’ai ma petite idée, depuis longtemps déjà. Et puis l’autre jour j’ai pas fini mon assiette de ribs et de frites, j’ai pas repris de pizza et je ne jure que par les radis, la mangue (que je déteste habituellement en la comparant à du gazole) et le jus de goyage donc j’ai décrété qu’il devait y avoir une fille ou deux dans le lot.
Mais dans tous les cas, ils seront parfaits et ils méritent déjà toutes les bêtises/frustrations/douleurs/kilos/fatigue que je subis.

Ah, et je vous ai pas dit, on a déjà trouvé les prénoms!! Et je peux vous les annoncer officiellement, tininnnn…
ils s’appeleront Mehmet et Galaktik.
Sur inspiration de vrais prénoms qui ont été donnés récemment et en hommage à mes chères collègues, parce que Mehmet « c’est hyper tendance » et parce que Galaktik, bah voilà quoi y a rien à rajouter.

Sur ce, je vais aller me faire un Bola de grossesse avec un radis.
Des bises,

 

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