In the family

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Jeudi soir, le cinéma Le Gyptis* de la Belle de Mai à Marseille projetait In the family de Patrick Wang.
Un film puissant sur la fragilité et la beauté des liens qui unissent les êtres en dehors de la simple loi du sang.

Le pitch est limpide : Cody père biologique de Chip (six ans) et compagnon de Joey, meurt.
Parce que Cody n’avait pas actualisé son testament, sa sœur, exécutrice testamentaire, décide que le mieux pour Chip est de vivre avec elle et sa famille et coupe Joey de l’enfant.
On a beau connaître l’histoire, on est vite happé par le rythme lent du réalisateur (et acteur principal) qui allie avec talent détails du quotidien et flou artistique sur les tenants et les aboutissants de cette famille homoparentale. C’est pour mieux glisser de poignants flash-back sur le bonheur perdu et le doux souvenir de l’amour qui affleure et qui survient « out of the blue » comme le dit Joey.
La première partie du film est axée sur cette vie que nous connaissons si bien et que certains pensent encore amorale, débridée et/ou irresponsable, peu importe. Alors que notre vie familiale n’est ni plus ni moins que celle de tout le monde.


La seconde partie nous montre l’absence, le vide. Comment Joey tente de faire sans comme si c’était une fatalité, voir mourir tous les êtres chers depuis sa plus tendre enfance. Comment il fait l’ours en ne disant rien de ce qui lui arrive à personne. Parce qu’il ne s’agit pas « juste » d’avoir perdu l’être aimé et un enfant, il s’agit d’avoir été trahi par des gens qu’il considérait comme les siens.
Puis s’installe doucement la riposte, l’action, celle qui ne peut s’organiser que grâce à une autre famille : celle des amis. De longue date ou pas. Ceux qui viennent boire des bières au goulot ou apporter des petits plats. Ceux qui donnent le nom d’un avocat ou qui permettent à Joey de communiquer avec Chip.
In the family, c’est l’apologie des familles. De toutes les familles. Celles du sang. Celles du cœur. Celles qui se forment sur un simple regard autour d’un verre de whisky. De saké. Ou de mojito…
C’est l’histoire de deux hommes programmés pour s’aimer. D’un petit garçon qui aime les dragons et ses deux papas. De tout un tas de personnages qui aiment et donnent sans compter.
C’est surtout l’histoire d’un homme qui a tout subi et qui pourtant reste debout. Plein d’empathie et de compréhension. D’un homme qu’une famille d’accueil a rendu droit, curieux et aimant. Et qui sait que la transmission, la parenté ou quoi que ce soit qu’on associe à la définition du noyau familial peut se trouver partout. Et surtout là où la majeure partie des gens ne le voit pas.

Mais la force de Patrick Wang est aussi d’être un artiste brillant qui ne sacrifie son film à aucun pathos (malgré un épilogue casse-gueule). In the family est un bel objet. Où le contre-champ n’existe pas. Où les lieux ne sont jamais montrés dans leur totalité. Où on peut filmer à travers une vitre la pire nouvelle qui soit.
La force de Patrick Wang enfin c’est un vrai talent d’acteur d’une sobriété et d’une sensibilité confondantes.

 

In the family. 2011. De Patrick Wang. Avec Patrick Wang, Sebastian Banes, Trésor St John.
*organisé en partenariat avec l’association Les Enfants d’arc-en-ciel.
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