La liste de mes envies

liste

En discutant avec une vieille amie cet après-midi, j’ai eu envie d’avoir envie.
De sentir pointer dans sa voix la nostalgie de nos adolescences, de nos fous rires en cours d’histoire, au fond à droite, à nos vies bien rangées, mariées, périduralisées, elle m’a dit « J’aimerais ne plus m’oublier, faire vraiment.. des choses dont j’ai envie ».
Je lui ai demandé ce que ce serait.
Quelle serait cette fameuse, si personnelle, si recherchée, liste de ses envies.
Elle a hésité. Le propre d’une vie trop ordonnée. S’oublier.

J’ai aimé l’aider à chercher. La challenger. Trouver 5 envies avant la fin de l’année.
Puis en réaliser.

Moi?
J’aime garder cette capacité à m’émerveiller de tout. De rien.
A assumer mes envies, mes folies parfois. A les réaliser.

La vie c’est compliqué. Quand on la vit vraiment. Olivier Adam « Peine perdue »
Mais pour l’alléger, de ce poids, de ces jours, de ces choses qu’on regrette, j’aime lister, détailler, accumuler, cette multitude de petits plaisirs et de grands bonheurs.

Là?

J’ai faim. J’ai soif. J’ai envie d’un bon verre de vin rouge. De faire l’amour. De dormir aussi. D’offrir mes cadeaux de Noel.

De revoir mes amis, tous, les vrais, les près, les loin. J’ai envie d’une petite fille. D’un petit garçon. De perdre du poids. D’en reprendre. De voir la tête de ma femme quand elle découvrira son cadeau pour lequel je me suis emballée (un peu). Celui de mes fils. Des mes amis. Près, loin.

J’ai envie de retourner en Floride. De manger une Key Lime Pie à Key West. Et un burrito à Chipotle près de Mommyo. J’ai envie de retrouver Lina, que je dois vous présenter un jour. D’écrire. J’ai envie de lire. Ce livre que ma mère m’a prêté. Sur l’Irlande. D’autres encore. Plein. De les faire partager. J’ai envie de boire du lait (ma nouvelle passion).

J’ai envie de les voir grandir. Continuer à devenir des hommes. Qu’il soit moins malade. Qu’il soit moins coléreux. Les aider à devenir des mecs bien. De continuer à faire des missions spatiales dans le salon pour aller sur la planète Mars, Choumi, Marguerite. J’ai envie de continuer à compter les rides dans le coin de ses yeux. A la surprendre. A l’apaiser à nouveau. Ne plus sentir que son amour pour moi l’alourdit. Qu’elle se perd avec moi, dans les méandres de mon énergie. Qu’elle arrête de vivre par procuration. Qu’on s’envole.

J’ai envie de coquilles St Jacques, de foie gras, de gratin dauphinois. J’ai envie de Bière de Noel. D’Adelscott avec ma grand mère. J’ai envie que mes frères soient bien. De regarder la fin de Breaking Bad. Mais pas la saison 3 de The L Word qui m’a de nouveau donner envie de retourner dans une grotte. J’ai envie d’aller voir Lafrench au ciné. De retourner dans le Var. Dans le sud Ouest. Sur la côte de granit rose. En corse. Dans la petite france.

De skier. Beaucoup. A nouveau.
D’entendre le silence des montagnes. De carver. Sentir qu’on perd son nez. Les frites et la mayo qui vont avec. Les discussions sur le télésiège. Ou les vidéos. J’ai envie de ranger mon appart. D’y mettre des fleurs, des couleurs, des photos. J’ai envie de trouver des chouettes boucles d’oreille qui me feraient pas mal. Et un nouveau pantalon. Et des bottes. Et des places pour Musilac l’an prochain.

J’aimerais repartir à nouveau. Sentir cette force de la vague, cette lame de fond de la vie. Ou rester. J’ai envie des deux. C’est pratique. J’ai envie de voir le rct à Mayol. Et de retourner en Islande un jour avec les lardons grands. Ou pas, juste avec elle peut-être. Voir une aurore boréale. J’ai envie de manger du poisson. Frais. Juste avec de l’huile d’olive et du sel. Mais je dois arrêter de manger du sel. De la baleine. Et du thon rouge. La culpabilité qui va avec.

J’ai envie de recevoir un mail de l’avocate qui me dira que je suis la mère de mon fils. J’ai envie de ne plus avoir peur. D’être leur maman, vraiment. J’ai envie que mes amis aient des enfants. Tous ceux qui en veulent. Tous ceux qui attendent. J’ai envie que mon banquier se bouge pour qu’on rachète notre prêt. Pouvoir dépenser ces sous qu’on aura pas perdu (grande théorie de sale gosse consumériste).

J’ai envie de pizza italienne. De retourner chez Franzen manger des noix de St Jacques qui me donnent l’impression de tromper ma femme tellement elles sont bonnes (avec sa bénédiction je vous rassure). J’aimerais continuer à dompter ma confiance en moi. Garder les épaules droites et la sensation d’invicibeul qui me prend, par erreur, par douceur, parfois. J’ai envie de bronzer au soleil. De kiter sous Levante à Tarifa. D’emmener ma famille manger de la glace à la Coco sur la plage des Salines. De boire un verre dans le bar tournant du Marriott de Manhattan. En pensant à lui. En pensant à notre lune de miel. La première des trois. Et payer le buffet de dessert aux enfants cette fois.

Il y a tant de choses qui ne sont pas compliquées.
Il suffit « juste » de ne pas les oublier.

Publicités