Adoption : mon fils a 2 mamans pour de bon !

 

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Ce fut une surprise, totale, merveilleuse.

Alors que j’attendais cette nouvelle depuis plus d’un an, elle a réussi à me surprendre.

Un coup de fil. Je suis au boulot, ma femme au bout du téléphone :

– « Ma chérie, je viens d’avoir un mail de notre avocate, c’est bon, c’est bon pour l’adoption ! »

– « Hein ??????? »

Et pourtant cela faisait 1 an que notre dossier avait été déposé complet au tribunal de grande instance de notre ville. Ça faisait 16 mois que nous étions mariées, 15 mois que nous avions signé les consentements d’adoption pour qu’elle soit enfin reconnue comme le 2ème parent de notre enfant. Tant de reports de la part du procureur, tant de fausses joies. Et des délais aussi aléatoires qu’étirables.

Nous étions le lundi 1er décembre, notre jugement avait eu lieu le jeudi précédent. Et enfin ce « Oui », enfin cette sécurité pour lui, notre petit, pour elle, ma belle, pour nous.

Et lire ce document, ce texte qui sera son nouvel acte de naissance. Découvrir pour la 1ère fois écrit de façon officielle le nouveau et définitif nom de famille de mon enfant. Nos 2 noms collés, ceux-là même que nous portons nous-même depuis notre mariage. Porter tous les 3 le même nom, quel beau symbole !

C’était comme si ça réparait la déchirure que ça avait été d’accepter l’idée que notre enfant ne soit pas la somme de nous 2. La nature n’y pouvait rien mais maintenant c’est fait, elle + moi ça fait lui.

Il a officiellement 2 parents, 2 grands-frères et toute une famille unie. Et même une arrière-grand-mère pour qui ce sera peut-être plus clair maintenant qu’ils ont une partie de leur nom de famille en commun.

Une épée menaçante s’est envolée, mon enfant est protégé, je peux partir, je peux mourir, il lui restera un parent, un garant, une maman.

Et voir ma femme enfin reconnue, qu’elle ne soit plus cachée derrière moi, qu’elle ne soit plus le 2ème avis consultatif, que je ne signe plus de papier pour lui donner des droits qui allaient de soi, que la victoire ne soit plus automatiquement de mon côté si on devait se battre. Qu’on soit 2 parents à parts égales. Pas juste mon bon vouloir.

Mon enfant n’est pas MA chose. C’est là que c’est dangereux.

Nous donner le devoir d’être 2 c’est protéger l’enfant. Ce qui est choquant c’est de devoir se battre pour ça, se marier, adopter, attendre, payer. A quand la filiation « pour tous » ? A quand la même protection pour tous les enfants ?

Bien sûr c’est une victoire, bien sûr que je suis heureuse. Mais c’est pas fini, on a gagné plusieurs batailles mais vivement la fin de cette guerre, celle de la justice et de l’équité !

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