Mon mariage n’était pas le plus beau jour de ma vie !

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Mon mariage n’était pas le plus beau jour de ma vie !

Déjà les préparatifs en 2 mois c’est compliqué. Avoir enfin le droit de se marier et décider de le faire dans la foulée ça évite les longs mois de préparation mais pas le stress. Au contraire. Bref prendre conscience en envoyant des faire-part par sms que peut-être tout le monde ne pourra pas se libérer, qu’on a ni tenues, ni salle/resto, bague, esthéticienne, etc.

Inspirer, expirer.

Mais bon l’avantage de le faire à « l’arrache » c’est qu’on se dit que les gens seront indulgents (bon mon médecin m’arrêtera quand même 2 jours pour dormir et respirer).

Et voilà le jour J arrive. Direct j’ai su que ce ne serait pas le plus beau de ma vie (le mal au ventre sans doute). Le programme : matin préparation des mariées, cérémonie milieu d’après-midi, vin d’honneur à la maison, repas au resto.

J’ai pas aimé me faire torturer par la coiffeuse (et ses 542 épingles saillantes) ni par l’esthéticienne (un peu de plus et je lui mettais dans l’œil (j’ai pensé à un autre endroit mais on est poli ici) son mascara).

Et une fois coiffée et maquillée faut faire attention à tout pour que rien ne se barre, stressant, c’est long. Oui le temps devient long, calme. Celui d’avant la tempête ? Han je stresse !

Et puis oui d’un coup tout se précipite et les 1ers invités arrivent ! … trop tôt ! Bonjour le 1er effet, j’étais en train de mettre du vernis sur les ongles des pieds de ma promise ! Classe !

Ensuite il faut vite réveiller de sa sieste notre petit chou d’un an, il ronchonne. Lui donner son gouter en robe de mariée, le stress.

Allez faut monter en voiture. Qui ne va pas trouver de place de parking à la mairie ? pire, qui va se perdre ? Ah bin mon futur beau-frère ! Le mari d’une de nos témoins. Heureusement on avait prévu le coup et embarqué tous nos témoins dans notre voiture. On l’attend dans la salle des mariages, l’élu municipal patientera … tout comme le mariage derrière. Hahem.

Petit chou ronchonne toujours … et ne veut être que dans mes bras. Ses pleurs raisonnent dans cette grande salle, les confettis qu’il fait avec des mouchoirs en papiers s’éparpillent sur le joli sol (mais pourquoi on n’a pas emmené de petites voitures ?).

Après la cérémonie tout le monde dehors pour les fameuses photos, le souk ! Et se rendre compte, après avoir passé un temps fou à rassembler tout le monde pour la photo de groupe que notre petit chou n’y sera pas. Bin nan il était plus loin dans les bras de sa nounou. Merci nounou …

J’ai rien vu du vin d’honneur, rien gouter de nos amuse-bouches et paf nous voilà au resto ! Et là se rendre compte que c’est une longue banquette de laquelle nous serons prisonnières (en plein milieu). Ah, et se rendre compte aussi que notre plan de table a été installé à l’envers …

Ca aussi c’est passé à une vitesse folle ! Et nous voilà devant le resto à déjà dire au revoir à une partie de nos invités. Sur le chemin du retour à la maison je dirais un bien connu « c’est passé trop vite ». Nous finirons la nuit avec nos amis les plus proches, dehors dans notre jardin, une dernière coupe à la main.

Ce n’était pas le plus beau jour de ma vie cependant je ne l’oublierai jamais. Je n’oublierai jamais toute l’excitation du matin dès le réveil, les mots rassurants de ma meilleure amie déjà présente, ceux de la coiffeuse et même ceux de l’esthéticienne et leur « vous êtes belle ! ».

Je n’oublierai pas la présence de tous ces gens venus pour nous, ma famille, sa famille, la notre maintenant, mes amis, la nounou. Toutes leurs preuves d’amour ! Nous dire qu’on est magnifiques même quand on se met du vernis à ongle sur les doigts de pied, nous assurer que le vin d’honneur était très bon, que la cérémonie était émouvante.

Et oui, surtout je n’oublierai jamais la cérémonie. Les applaudissements d’humour et de soulagement de toute l’assemblée quand enfin mon beau-frère arrive, les confettis de kleenex que notre fils lance, la présence de mes parents derrière moi.

Et notre élu municipal ! Ce terme lui va bien car on l’a vraiment choisi lui en particulier. Lui qui a bousculé l’administration 2 mois auparavant pour intégrer ma femme au baptême civil de notre enfant. Lui qui, très ému, nous a remercié de le choisir pour notre mariage. Lui qui est même revenu sur ses vacances pour célébrer notre union. Je me demandais bien qui étaient cette femme et ces enfants au fond de la salle, c’était sa femme et ses enfants venus émus célébrer avec nous la victoire de l’Amour. Lui qui profitera de cette occasion pour faire un discours émouvant pour le mariage homosexuel, heureux d’exécuter un pied de nez réel dans un débat abstrait de blabla. Son émotion à lui a accompagné la notre, simplement mais très profondément.

Je n’oublierai jamais ce moment : « levez-vous ». Et surtout son « oui » pendant qu’à ma droite je pouvais ressentir les sanglots de mon témoin, ma meilleur amie et l’appui inconditionnel de ma sœur témoin elle-aussi de ce grand moment. Puis je n’oublierai jamais la tension que j’ai senti quand alors ça allait être mon tour, retenir mes larmes, être audible car oh oui je le veux !!!

Je n’oublierai jamais cette magnifique et grande salle des mariages, son splendide et gigantesque miroir face à nous qui me laissait voir ce spectacle tant attendu.

Je me souviendrai toute ma vie du moment où nos grands garçons nous ont apporté nos alliances, leur émotion, leur sourire, leur fierté. Et ce grand moment où, notre petit chou dans mes bras, ma femme à ma droite et nos grands autour de nous, notre élu nous a remis notre livret de famille.

Je n’oublierai jamais la sortie de la mairie sous le regard heureux de tous nos invités, leurs sourires sur les photos et leur patience.

Je n’oublierai pas toutes ces gentilles personnes et leurs mots rassurants qui se sont mis entre le vin d’honneur et moi. Je n’avais pas faim de toute façon. Je n’oublierai pas toute cette bonne humeur, mes amis venus de loin, la gentillesse de celle qui nous a proposé d’installer les noms sur les tables, même à l’envers.

Je me souviendrai de la fierté de débarquer dans ce super resto entourée de toute ma famille, le sourire du gérant, les plats qui ont ravi tout le monde. Pouvoir observer de ma place statique tous mes proches, les voir nous préparer des surprises, les découvrir en photo.

Et comme c’était doux et chouette ce dernier verre au clair de lune.

Et alors qu’il ne restait plus qu’elle et moi, qu’elle me retirait une à une toutes les épingles de mes cheveux dans notre petite salle de bain, je n’oublierai jamais ce moment où j’ai regardé ses yeux briller, même fatigués et prendre conscience que c’était enfin, officiellement, ma femme, mon épouse. Après tant de batailles, de manifs, de temps, elle était enfin ma femme.

Voilà comment, six ans et un jour après notre rencontre, celle qui a bouleversé ma vie, l’a éclairé, lui a donné du sens devenait ma femme. C’était pas le plus beau jour de ma vie, quoique !

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