Carnet de vacances

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Mon meilleur souvenir de vacances, c’est quand ma femme m’a dit « J’ai vu une nana arriver, je me suis dit qu’elle était super belle, et en fait, je l’avais pas reconnu, c’était toi ».

Fière et à peine.. énervée du début de la phrase et du fait qu’elle regarde quelqu’un d’autre que moi.

Mon plus grand sourire c’est quand notre avion s’est posé à Paris, que l’hôtesse a dit « Vérification des portes, désarmement des toboggans, vérification de la porte opposée » et que mon fils, très sage pendant tout le vol (c’était facile, c’était le petit vol) a dit « Bah.. Pas fait toboggan moi » avec une moue indignée.

Il y a eu malheureusement quelques tristes souvenirs, une grand mère qui s’en va et les larmes de ma nièce sur mon épaule. Et un accident de nuit, comme notre famille en a connu d’autres, au dénouement moins tragique mais qui nous repositionne au centre du plateau de la vie. Vulnérables.

Mais beaucoup d’autres souvenirs tendres, des belles images mentales et quelques unes attrapées au vol par le clic d’un appareil photo.
Ensemble. C’est tout.

Une arrière grand mère, qui sourit et nous rassemble, nous tous au bord d’un lac qui paraît si loin quand on pousse ses valises et ses heures de décalage horaire et de sommeil en retard. Mais qui efface de ce sourire tous ces kilomètres, ces heures en salle d’attente et même cette sempiternelle dispute de veille de départ.

Une femme qui du haut de ses quatre vingt dix ans, ne veut pas qu’on la célèbre quand on pleure le départ d’une autre ou qu’on prie pour le rétablissement d’un autre, mais qui nous montre humblement le chemin qu’on veut tous suivre, vers ce jour là, 90ans ou pas, où on devient le point central de ralliement d’une famille, une grande famille.
Eclectique. Recomposée. Décomposée. Homoparentale. Ou pas. On s’en fout en fait.
On s’en fout complètement.

Mon souvenir le plus ému c’est quand ma femme m’a dit « Tu te rappelles cette longue lettre que je t’avais envoyée il y a douze ans.. qu’on s’était rencontré à peine un mois plus tôt. C’est exactement de cette maison que je l’ai écrite. » Bien sur que je m’en rappelle. Il y avait tout dedans. Déjà.
Sous ce même porche j’ai écrit moi aussi, d’autres mots, d’autres lettres pour nous emmener ailleurs. Ensemble.

Mes vacances c’est aussi de danser un madison avec mes fils en pleine nuit alors qu’il est très tard et que j’ai un déficit congénital pour mémoriser les pas du madison. Méééé c’est facile ! Mais je t’en pose des questions?
Et les voir danser, tous les deux, sur le tapis, heureux.

Sauter dans les vagues malgré ma peur de l’eau, drapeau orange, parce qu’ils adorent ça et que mon job maintenant c’est de ne plus avoir peur. Pour eux. Ou de très bien faire semblant. De l’eau, des vagues, de la vie, de la mort, du futur. De moi.

Et chercher la casserole dans le ciel, ne pas la trouver, dire qu’on la trouvera demain. Inventer des constellations, celle du cerf volant et du M comme BradPittou. Comprenne qui pourra.
Et rentrer tous les quatre, mains dans les mains, sous un ciel étoilé sans grande ourse, en chantant Creep.
Et le reste, on s’en fout en fait.

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