Vivement l’adoption et le banquet !!!

Voici mon petit témoignage pour le blog des Enfants d’Arc en Ciel, je vous le livre aussi. 

Avez-vous vu « Les 12 travaux d’Astérix » ? Vous rappelez-vous du 8ème ? celui où nos héros doivent obtenir le laissez-passer A-38, mais pour lequel ils doivent d’abord obtenir le formulaire A-39 selon la circulaire B-65 dans une administration (française surement, quoique). Ca y est vous vous souvenez ? Alors bienvenue dans mon monde !

Nous voilà donc, quelques années en arrières toutes les 2 (je ne dirais pas qui fait Obélix ou Astérix hein) au pied d’un bâtiment immense et une petite voix pour nous donner le top départ « Voici votre épreuve : construisez une famille ! prêtes ? feux, partez ! ».

Oui parce que tu crois quoi ? que le plus dur c’était de prendre conscience de ton homosexualité, de l’accepter, de faire ton coming out (au pluriel ce serait plus judicieux) et de changer de vie pour suivre ton nouvel amour ??? bin non en fait ! Mais heureusement ça se joue à 2 et avec beaucoup d’Amour, la meilleure des potions bien sur.

Alors c’est parti, on entre dans ce bâtiment, y a tellement de monde mais si peu qui nous regarde ou nous écoute que nous ne savons par où commencer. On n’a peu d’armes, peu de moyen, on tente le Pacs … bien mais pas top, toujours pas une « vrai » famille. On continue. Ah, on a trouvé un stand avec une asso « Les enfants d’arc-en-ciel », super ! des réponses, des idées, du soutien, on se lance ! Et on en fait des allers, des retours chez le doc, au labo, en Belgique. On y perd des plumes, mais on ne se décourage pas et on a raison, juin 2012 notre bébé vient au monde.

Puis faut s’armer pour la bataille du mariage, idem, des marches, des manifs, des jets d’insultes, des élections, des suspens mais toujours pas de passoire sur la tête, on avance, on s’épuise mais on avance. Aout 2013, on se dit « oui » ! On y est presque …

On parvient donc à d’autres bureaux, d’autres questions, d’autres formulaires. D’abord le notaire pour le consentement d’adoption, 2 mois et 250 euro plus tard place à l’avocate (non obligatoire, c’est un choix) qui pourra déposer notre dossier au tribunal. Mais il faut le construire ce dossier. Là j’avoue que la passoire n’est pas loin. Des tonnes de documents officiels, bon là il suffit de patience. Par contre ce qu’on ne savait pas c’est combien ça nous couterait en perte d’intimité et en « ravale ta fierté » quand il nous faut demander aux gens d’écrire noir sur blanc qu’ils ont été témoin que nous étions bien une vrai famille, que ma femme aimait et s’occupait de notre fils comme une mère, comme elle s’occupait de ses 2 premiers enfants …

Et puis c’est arrivé. La passoire est venue s’assoir sur ma tête à la seconde où j’ai compris qu’en plus de tout cela je devrai demander l’avis mais surtout l’avis favorable de l’ex de ma femme, le père de ses ainés, le représentant du plus petit, trop jeune selon la loi pour donner son avis. Et puis heureusement on se reprend, on est 2, on s’aime encore, toujours, alors une fois la colère criée, on reprend ses esprits. Puisqu’il le faut, faisons-le (avons-nous le choix ?)! On n’est plus à ça prés. Alors on court dans tous les sens pour réunir toutes les pièces à notre dossier, les photo de nous, de notre intimité, les témoignages, les preuves, pour qu’il puisse être déposé au tribunal, au juge, un inconnu, l’ultime boss du jeu.

Voilà, c’est là où nous en sommes aujourd’hui en février 2014. On s’apprête à affronter sa décision, va-t-il demander une enquête sociale ? Verrons-nous la gendarmerie débarquer chez nous pour savoir si notre fils a un lit et du lait ? Ou le dossier lui suffira-t-il pour juger que oui  nous sommes déjà une famille ? Comme c’est dur de se suspendre à cette décision, comme c’est injuste, comme ça me met en colère. La dernière ligne droite, allons-nous remporter cette épreuve ? à suivre très vite je l’espère. Pourvu que tout se termine bien avec de la bonne musique sans barde et un bon banquet convivial !

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