IVG, GPA, PMA.. Et si c’était un problème de compréhension???

lettres

PMA, GPA, IVG… Et si tout ça n’était en fait qu’un problème de compréhension?

Non parce que je le vois beaucoup dans mon boulot, on utilise tout plein de sigles comme ça, de raccourcis que les non initiés prennent pour du chinois, et là je me dis, en fait, les gens qui manifestent, ils ne sont peut être pas si intolérants ou réactionnaires que certains le disent.. Ils ont peut être juste un problème avec les sigles, à 3 lettres préférentiellement, et un problème de compréhension.

Alors reprenons ensemble, en version française.

* I.V.G.

Ce n’est pas un mode de contraception à la mode, ou encore moins un confort pour des femmes délurées qui auraient voulu inscrire cet honneur à leur tableau de chasse.
Dans IVG il y a Interrompre, il y a Grossesse, et il y a Volontaire.
Il n’y a pas Joie, Amour et Volupté.

C’est un acte qui marque une femme, parce qu’une grossesse a débuté dans son ventre, et qu’elle estime, avec toute son humanité et sa conscience, qu’elle n’a pas, pour des raisons qui lui sont propres, à elle et rien qu’à elle, les moyens d’apporter un futur à ce potentiel enfant.

Enfant, embryon, fœtus, cellules.. On peut débattre. On peut.
Mais ce qu’on ne peut pas c’est nier le caractère douloureux et difficile de cet acte, de ce choix. L’intime conviction de la personne qui le prend, elle et seulement elle. On ne peut pas employer le mot « confort » pour ces comprimés qu’on regarde au fond du verre et encore moins quand on se retrouve allongée dans un bloc opératoire froid, les jambes écartées dans des étriers froids eux aussi, à regarder le plafond avec les yeux embués de larmes.
Non, il n’y pas le C de Confort dans IVG.
Ce qu’on ne peut pas non plus, c’est dire qu’il est dans l’intérêt du potentiel enfant que les parents ne sont pas prêt à accueillir, pour X raisons, de naître malgré tout.
Non on ne peut pas.

* G.P.A.
Gestation. Pour. Autrui.
Vaste débat. Vaste, tellement vaste..
Tellement qu’il peut partir dans des recoins sombres, ceux du marchandage du corps, ceux qu’on ne peut pas percevoir, ceux que beaucoup, dont moi certainement, ne maitrise pas les tenants et les aboutissants pour juger.
Sauf que moi, quand je ne sais pas, je me tais.
Je ne crie pas au scandale, aux sorcières, aux préjugés. Je me tais.
Je me dis juste que dans ce Pour Autrui, il y a un acte de don, d’une grandeur immense, un acte qui, si on arrive à l’extirper des recoins sombres, s’il est pris avec toute la vraie mesure que cela engendre pour tous les intervenants, peut être un des plus beau geste humain qui puisse exister.

* P.M.A.
Aujourd’hui en 2014 en France, l’homoparentalité existe. Si, si.
Les enfants grandissaient déjà dans les familles homoparentales, depuis des années, dans des statuts précaires pour eux et leurs parents mais ils existaient.
Et là depuis la loi Taubira, ils ont pu, après leur mariage de leur deux parents et les démarches d’adoption qui ont suivi (ou sont en cours pour la plupart), enfin.. voir leur deux parents reconnus par la loi.
Voilà, l’homoparentalité est reconnue. Après un chemin tortueux mais possible.
Alors maintenant, c’est encore un mystère de l’exception culturelle française, on reconnaît donc cette homoparentalité, mais on ne veut pas savoir d’où elle vient.
« Ah ça, non ! Pas de ça chez nous ! »

Qu’on parle de cout pour la société, pourquoi pas.. si on me dit « oui mais c’est un choix de vie tout ça ».. il faudra alors repenser d’autre prise en charge médicamenteuse comme celle du cancer du poumon pour les fumeurs ou les accidentés de la route alcoolisés.
Mais qu’on arrête de nous prendre pour des jambons, et Dieu sait que j’aime le jambon. La P.M.A est autorisé à quelques kilomètres de chez nous, les femmes font continuer de franchir la frontière, de faire des bébés Thalys ou des bébés Tapas et de revenir en France. Ou de faire leur sauce dans leur coin en se passant du monde médical et en prenant souvent des risques sanitaires. Puis d’adopter leur propre enfant.
Encore une fois, quelle hypocrisie..

Et le coût pour la société des procédures judiciaires inutiles ne compenserait il pas le cout du suivi médical? Et nos pays voisins qui ont légalisé sur le sujet, depuis des années maintenant, se sont ils effondrés?
On peut tergiverser, attendre, reculer mais oui bien sur que la loi du mariage pour tous impliquait forcément ces questions de famille, de société. Ce n’est pas un secret de polichinelle, c’est du calcul politique peut être, mais si les gays voulaient se marier c’était, et ils le disaient, avant et surtout pour protéger leurs enfants !! Et pour les cadeaux aussi bien sur.

Mais les enfants sont là, et ils vont bien merci.
Alors bien sur on peut être contre…
On peut vouloir vivre dans son monde, dans sa bulle, ne pas voir l’évolution de la société qui est déjà en marche. On peut être contre l’homosexualité (et dire que non mais en fait si..), contre le mariage des couples gays, contre le fait qu’ils puissent avoir des enfants.. qu’ils ont déjà..
On peut vouloir que la terre redevienne plate aussi. On peut.
Il faut juste bien savoir de quoi on parle..
Les craintes viennent souvent d’incompréhension..

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