Barbie, cette fille facile

Enfant, j’aimais les poupées

Surtout les poupées blondes avec des yeux bleus. D’ailleurs je rêvais d’avoir à mon tour un bébé blond avec des yeux bleus et ça m’inquiétait beaucoup en étant brune aux yeux noirs. Alors je me disais à 8 ans que plus tard il faudrait que je trouve un papa blond avec les yeux bleus. On l’appelerait Camille si c’était une fille ou Julien si c’était un garçon. En attendant j’avais tout un tas de poupées, des blondes, des brunes, des qui faisaient pipi quand on leur donnait le biberon, et d’autres qui pleuraient quand on leur retirait la tétine. Je les couchais tous les soirs consciencieusement au pied de mon lit et leur faisait des bisous, même le moche là avec ses grosses joues.

Dans la cour de l’école mes jeux préférés étaient l’élastique, la marelle, élaborer des chorégraphies de danse avec ma copine Val. Normal j’en ai fait toute ma scolarité, de la danse classique avec mon chignon ou pas une mèche ne dépassait puis de la danse moderne avec des guêtres fluo. VIve les années 90.

Mais celle que j’aimais par dessus tout c’était Barbie. Cette longue chevelure blonde, cette taille de guêpe, ces articulations qui faisaient cracs à chaque fois qu’on plait son bras ou sa jambe. Car les Barbie des années quatre vingt souffraient d’arthrite.  Je devais avoir cinq ou six Barbie et un Ken qui avait échoué là on ne sait comment. Car le beau Ken aux cheveux gominés était délaissé. Déjà il était moche avec ses cheveux en plastique et il avait l’air niais dans son costume blanc de prince charmant. Alors que les Barbie! wow, toujours des tenues sexy. D’ailleurs les Barbie n’aimaient pas le beau Ken. Elles préféraient sortir entre elles dans le cabriolet rose. Parfois elles s’embrassaient, elles se quittaient et sortaient avec une autre, tout ça dans le même apres midi.

Adulte, j’aime regarder des films à l’eau de rose, surtout avec Hugh Grant. Je déteste la pluie le matin parce que ça nique mon brushing. Je suis incapable de sortir sans mettre du liner. Je viens de craquer ma carte bleue en soldes au retour de mes vacances, même que j’attends que ma banquière m’appelle. Si un flic me demande d’ouvrir ma portière parce que j’ai grillé une priorité, je pleure. Et ça marche à tous les coups.

Et je suis maman. Homo.

Quoi t’es homo et t’aime pas les trucs de garçons? Ben non. Parce qu’être homosexuel, ce n’est pas nier son sexe, comme on tente de le faire croire. J’aurais repris une chanson de Carla Bruni « J’en connais des jolis, Des qui roulent comme des filles, Des qui me piquent mes bodys…J’en connais des superbes, Des bien-mûrs, des acerbes, Des velus, des imberbes… »  J’en connais dans ma vie quotidienne, des mamans sportives qui n’ont que le temps d’enfiler un jogg et un sweet, des papas poules qui pleurent au premier areu et des mamans autoritaires que rien ne fait plier, des pères qui portent bébé en écharpe et des mères qui ont hâte de reprendre le boulot parce qu’elles en ont marre de se limiter aux couches,  ou encore des mecs dont l’ armoire de salle de bain est  plus remplie que la mienne.

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Et au milieu de tout ça on nous parle de la théorie du genre, le « Djendeur ». Mais qu’est ce  que c’est que ce machin? Vite, vite recloisonner et revenir en arrière, les femmes aux fourneaux les hommes au boulot? Non tu n’auras pas une voiture téléguidée, ma fille. T’as déjà vu des femmes qui conduisent leur propre voiture ou qui vont seules au garage toi? oui? Ah!

Et pourquoi pas une perceuse miniature tant que t’y es? Dans la pub Castorama – Papalala – on drague ouvertement les bricoleuses du dimanche? C’est fou cette décadence des années 2010.

Alors non, on n’élève pas nos enfants pour en faire un gros macho ou la parfaite petite femme au foyer. Bien sur on peut penser que les jeux du petit garçon forgeront l’homme de demain. Et pour avoir la conscience tranquille, vous pouvez toujours lui donner des G.I Joe. Mais vous savez ce que j’en faisais moi des Barbie…

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