Zazie, vue d’ici.

Chez nous à Puisquec’estlaguerre, on vous aime tellement qu’on vous fait des déclinaisons d’article, un peu comme au restaurant « Déclinaison de Pomme de Terre », sauf que là ce sera une « Déclinaison de Zazie ». Après la version marseillaise, voici la Zazie des montagnes.
Et la photo bonus pour une pote ours perdue au fond d’une grotte 😉

zazie

Madame Isabelle de Truchis de Varennes,
Je pourrais vous appeler Zazie, mais ce matin j’avais envie de vous dire Madame.

Il y a des gens importants dans une vie. Des gens proches, des parents, des amis. Et des autres gens. Des gens qu’on connaît pas, enfin qu’on connaît soi mais qui ne nous connaissent pas. Vous faites partie de cette catégorie là Madame Zazie (c’est tout de même plus simple)

On peut être fan de quelqu’un, d’un artiste, d’une musique, d’une chanson. On peut avoir collectionner les albums, les posters, les articles dans Ok Podium. On peut avoir attendu des heures dans le froid d’une file d’attente (pourquoi on a toujours froid? y a pas de concert l’été??) sans veste parce que ça encombrera après, en chantant (mal) avec ses voisins d’attente frigorifiés qui sont forcément nos meilleurs amis du monde ce soir là parce qu’ils sont là, et que les amis de nos amis sont nos amis.

Mais vous, Madame, c’est différent.
Je dis Madame par respect, uniquement, pas par une quelconque référence à votre âge.
Le respect qu’on doit aux Grandes personnes. Celles qui guident de leurs mots l’enfant qui nous dort dedans. Celles qui trouvent la résonance à nos propres questions de fillasses. Celles qui chantent la vie, la joie, la tristesse, les soucis, la douleur, la peur, mais toujours très joliment, très « justement ».

Cela fera plus de dix ans que vous accompagnez ma vie maintenant…

Ma vie de jeune adulte qui découvre la vie sociale, la vie de couple, et qui suit son namoureuse toute fraîche à son premier concert de vous, et presque son premier concert tout court, dans le froid grenoblois.

Ma vie de jeune femme amoureuse qui n’a pas choisi sa différence, ni son coté Rimbaud ou Verlaine, mais qui apprend à s’aimer d’amour, glamour toujours.

Ma vie de djeuns dans le vent qui se met à la guitare électrique dans un appart étudiant pour impressionner sa chérie et lui plaquer 3 accords en secouant les cheveux, entre 2 colles à réviser pour lui dire de prendre la vie comme elle vient, même si ça fait mal ça fait rien.

Ma vie de jeune femme insecure, fillasse sale gosse sur les bords qui se posent toujours trop de questions existentielles et se retrouvent si bien dans les peurs de soi même et des montagnes à gravir.

Ma vie de femme qui part en week end avec ses copines, boire des mojitos belges, faire du Rodéo dans une salle qui monte vers la scène (super intelligent les belges!!) et vibrer en pensant à ces choses qui ne s’oublient pas.

Ma vie de jeune maman qui annonce sa grossesse par une preuve par trois et qui chante, pas trop mal il parait, une valse à trois temps à ses trésors de fils, tous les soirs depuis leur naissance.
Tous les soirs. J’ai compté, ça fait 1279 fois. Si, si.

Et la toute toute première fois, que je me suis improvisée chanteuse guitariste du dimanche, je m’en rappellerais toute ma vie, c’était à la demande de mes grands parents, pour fêter leurs noces d’or. Je m’étais découverte artiste pour accompagner de vos mots, ce couple solide sans artifice, qui a toujours envoyé valser les preuves d’amour en or plaqué, et qui prouvait ce jour là, par ces mots là, le secret de leur longévité.

Hier soir, vous finissiez votre Cyclo tour français, et vous accompagniez mon retour à la vie sociale, après deux jeunes enfants et des soirées à jouer à qui veut gagner des millions de minutes de sommeil en plus.
Hier j’étais loin des berceuses et du lutin bleue veilleuse.
Du son plein les oreilles, à fond, des lumières blanches qui flashent et des ombres qui se découpent.
Beau. Très beau.

Vous m’avez fait vibrer, encore, sur des chansons qui rythme ma vie depuis plus de 10ans.
Je me suis revue 10 ans, 11ans plus tôt, je ne sais plus, dans cette salle, les yeux cernés de nuits blanches différentes, la main déjà dans la sienne, sans alliance à mon doigt encore.
Je me suis sentie vieillir, doucement, comme tout le monde, marquée ou du moins changée par ce temps qui nous rend plus vieux, mais je me suis dit que j’aimais bien ça. Que cette décennie avait été la plus belle de ma vie, sans conteste.

Et puis vieillir, c’est relatif. Si dans 10 ans, ou même 20, je reste celle que je suis, je sais que je serais toujours, un peu comme vous, capable de danser la zizanie en pyjama dans le salon devant mes lardons ébahis, un chapeau sur des cheveux en pétard, des questions plein la tête, mais des étoiles plein les yeux.

Il faut se rendre à l’évidence, vous êtes une grande Dame Madame Zazie.
Et vous portez très bien le chapeau.
Merci.

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