Brussels

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« Quoi tu pars à Stockholm? Mais d’où ça sort??? »
C’est en résumé ce que m’a dit ma meilleure amie la veille de mon départ pour mon week-end de « re »noces que je vous raconterais plus tard si vous êtes sages. J’ai été un peu piteuse parce que c’est vrai que j’avais oublié de lui en parler, parce que ça c’était décidé à l’arrache, et en même temps c’était dans nos têtes depuis un moment alors je pensais que c’était un fait connu.

Il y a autre chose que je ne lui ai pas dit, c’est que sur la route de Stockholm, nous sommes passées par Bruxelles.. Et cette phrase veut dire beaucoup, beaucoup de choses pour nous…

La première fois que j’ai mis les pieds dans cette ville, j’avais 20ans. J’avais la tête à l’envers et une Ferrari rouge fabriqué par Citroen qui affichait 200 000km au compteur. J’étais dans les deux années de ma vie que j’aimerais parfois oublier, mais qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui, ce qui me fait dire qu’elles étaient nécessaires, parce que j’aime ma vie aujourd’hui.

Pourtant cette vie, celle d’aujourd’hui, elle a commencé là bas, dans cette ville qui sera toujours si particulière pour moi. Je ne sais pas si c’est quand on a cherché avec Popo « les meilleurs frites de la ville » et qu’on a marché pendant des heures pour les trouver.. Popo c’est une copine qui faisait des études de sport et qui avait eu 4/20 à son épreuve de course d’orientation.. parce qu’elle s’était perdue.
Je ne sais pas si c’est quand on a bu de la « bière pour filles » et que j’ai attrapé le virus qui fait tant rire mon beau frère de la Grippe à Bières.
Je ne sais pas si c’est quand j’ai pris le téléphone pour appeler celle qui deviendra mon ex au retour de ce voyage, en réalisant une bonne foi pour toute que non, vraiment, je ne voulais plus de cette vie là.. et que je méritais peut être quelqu’un qui, avec tous les défauts de fillasse insecure que j’ai, me donnait le peu d’importance que je méritais.

Cette personne là, celle qui allait me donner « le peu d’importance que je méritais », je l’ai rencontrée quelques semaines après ce voyage. Je vous ai déjà raconté cette histoire, entre Lorie et la fête de l’alpage, très loin de la Belgique que j’aime et dont je vous parle ici.
Mais c’est dans le parc du palais du roi de Belgique, alors que j’inaugurais les effets de la gastro sur mon organisme… grande première à 25ans, pas mal comme record non?.. allongée dans l’herbe en train de reposer mon ventre malade, après un concert de Zazie d’anthologie et des Mojitos à 2euros (si, si, je vous assure c’était une gastro lol).. cette même personne à qui j’ai murmuré « Je crois que je suis prête à avoir un enfant avec toi ».. Juste avant j’avais mangé la feuille d’un magasine parce que son horoscope n’était pas assez bien pour elle selon moi, et j’avais failli m’étouffer avec. Cela a du la mettre en confiance sur mes capacités parentales.

Quelques années plus tard, c’est encore là que ma vie a basculée.. Quand je suis tombée enceinte dans le ciel de Bruxelles. Si, si. Cela peut vous paraître bizarre, biologiquement impossible, certainement. Mais pour moi, aussi surréaliste que cela puisse sembler, c’est là. Juste après le décollage. Quand elle a hurler des encouragements en anglais à mon ventre parce que la sage-femme lui avait conseillé de le faire. Dans le ciel nuageux de Bruxelles.
Ou alors c’est quand je me suis séché les mains dans le Dyson de l’aéroport, j’ai toujours un doute et c’est pour ça que je n’utilise jamais plus ce genre de sèche-main sans contraception, on ne sait jamais.

J’ai aimé cette ville.. ses frites, ses bières, ses gaufres. Je me rappelle de chaque visite, d’avoir toucher la statue de la fertilité sur la Grand Place, ou ce que je croyais être la statue de la fertilité. Je me rappelle de Ptite Nath qui nous avait bassiné les oreilles toute la matinée avec sa fraise couverte de chocolat qu’elle a finalement acheté et faite tomber par terre dans la seconde. Je me rappelle m’être sentie dans la peau d’une habituée en mangeant mon Waterzoi dans ma brasserie préférée du centre ville et pester (déjà) contre l’alcool déconseillé pendant la grossesse. Je sais que je me répète, je vous ai déjà dit tout ça. Mais c’est pour toutes ces petites choses que Brussels restera toujours Brussels. Toutes ces petites choses et tant d’autres encore.

Quelques années plus tard, c’est en famille que nous avons joué dans l’herbe, dans un autre parc. C’est moi qui ai parlé à son ventre.. Et BradPittou qui lui a un peu beaucoup sauté dessus aussi. Cela explique peut être pourquoi Goslinou est aussi zinzin… Tous les trois à se rouler dans l’herbe, dans notre bulle bruxelloise, loin de cette France qui déjà, nous faisait un peu peur parfois.

Alors l’autre jour quand j’ai vu les nuages se percer, que j’ai vu du ciel les rues de cette ville que j’adore, j’ai senti mon cœur se pincer, comme chaque fois. Et j’ai repris dans la tête une grande bouffée de tous ces souvenirs.
Je réalise qu’après vous avoir dit tout ça, vous êtes peut être resté accroché à une de mes premières phrases, « cela veut dire beaucoup pour nous »…
Je ne vous laisserais pas sur votre fin, non, je n’ai pas utilisé de séchoir à mains Dyson 😉

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