Overwhelming

fourmis
Je suis Austinmini, celle qui vient du Qatar et qui emménage à Montréal pour faire une famille avec Chérie. Celle qui passe de la mini cooper aux transports en communs. Ca y est vous me remettez ? Chérie, toujours au Qatar, sera là le 1er Juillet – à peu près.

Ma mère s’est décidée à partir de notre maison de famille. Trop grande, trop de galères. En France. Dans les Landes. Et moi je suis à Montréal. On est expatrié mobile ou on ne l’est pas.

Le plan B est donc de laisser le plan A ici en plan (tout court) et de partir en Juin commencer à vider la maison de famille. Famille qui n’est plus depuis le divorce de mes parents. J’avais 14 ans, il y a 20 ans dites donc. De replonger dans ses coins et recoins, de fouiller dans les boites pleines de photos, de balancer des tas de trucs qui sont accumulés et ne servent plus à personne – mais qu’on était bien contents de garder encore, au cas où.

C’est un drôle de timing que de fermer un tel épisode alors que le suivant ne s’est pas encore ouvert.

Vous me direz il n’y a pas de bon timing.

J’étais donc en mode automatique direction la bibliothèque (pour me plonger dans le processus de vente d’une maison en France, et comparer des sites de maisons semblables) cet après-midi. J’arrive au bord de la trame, perdue dans mes pensées, et je le reconnais.
Cet homme Iranien, très poli – genre old school, la cinquantaine. Il était à la formation pour les nouveaux arrivants avec moi en Avril. Il parlait à peine le Français, mais il essayait, souriant. Sa famille est restée en Iran le temps qu’il concrétise « le plan ». Ingénieur chimiste.
Il était à quelques mètres, regardant ses chaussures, une poche plastique à la main.

Je me suis demandée ce qu’il faisait – ou il allait – comment il s’en sortait, lui.

Je me suis vue petite fourmi comme lui, comme tant d’autres anonymes, essayant de se frayer un chemin.

Parce qu’au final c’est bien ce que nous faisons tous, nous frayer un chemin.

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