Qu’est-ce que tu te dis ?

triangle_rose

Je voulais écrire un post fun ce week-end pour adresser un message aux anti-mariage pour tous. Ce qui aurait dit, en substance : non, non, ne nous remerciez pas !

Ne nous remerciez pas de redorer le blason d’une institution qui se cassait fermement la gueule depuis quelques années, qui sentait la naphtaline et le jouet en plastok sur la pièce montée archi-sucrée.

Ne nous remerciez pas de nous apprêter à remettre au goût du jour, un cérémonial que vous aviez rendu cul-cul la praline, formaté et bourré de pétales de rose (parce que le riz c’est pas sympa de le gâcher à un mariage, avec tous ces gens qui meurent de faim).

Mais vous l’aurez compris, mon humeur a été gâchée entre-temps et, je me suis retrouvée face à un choix crucial (attention les colocs, je fais péter les numéros) :

1/ écrire quand même là-dessus au risque de passer pour légèrement aigrie

2/ ne pas écrire du tout… oui, bon c’est presque trop facile pour moi

3/ passer à autre chose et parler des fleurs, des trains ou du printemps

Comme j’ai un peu choisi le 1/ en préambule et que le 2/ n’est pas complètement possible (j’y travaille, ça me permettra de passer plus de temps à jardiner, glander et collectionner les poules), je venais donc ici tenter de passer à autre chose… mouais.

Sauf, que cette nuit, un lieu clairement gay a encore été pris à parti.

Sauf que les homosexuels français sont de plus en plus menacés dans leur intégrité physique et que voilà, ça me re-énerve. J’ai les boules (pour les anti qui passeraient par là : c’est une expression hein, non mon fils ne vient pas d’avoir un papa spontanément rien que parce que vous m’énervez, rangez la bouteille de champom*)

J’avais trouvé C. Assaf gonflé avec son allusion au triangle rose pendant les débats à l’Assemblée. Je me méfie toujours des parallèles vaseux. Faciles presque.

Mais en ce moment, ma petite voix me dit que oui, finalement, la phrase était bien sentie : une certaine France a décidé de montrer du doigt une population donnée. De la soumettre à sa vision de l’égalité et de la démocratie. De la contraindre par la force s’il le faut.

Et je fais partie de cette population donnée.

Et on n’est pas si loin du triangle rose.

Et si on appelle pas un chat, un chat. Un facho, un facho. Ou un facho catho un facho catho, je le dis : ça va mal finir.

Je suis pas particulièrement fan de Karl Zero, euphémisme, mais son allusion à Malik Oussekine lui donne un peu raison dans sa lettre à sa belle-soeur.
Sauf que moi je ne pense pas qu’il y aura une bavure policière sur un anti.

Je pense qu’il y aura un drame sur un homo…

Une rixe qui dérape.

Un cas isolé.

Une personne fragile qui peut plus supporter d’entendre autant de conneries et de violence… peu importe.

Ça va mal finir.

Et encore une fois je pense à ces personnes jeunes ou moins jeunes qui ne sont pas encore sorties du placard. Et qui vivent en ce moment dans ce pays.

Qu’est-ce qu’ils se disent ?

Qu’est-ce que tu te dis ?

Je sais pas. Et je sais pas quoi te dire. Sauf que j’ai honte. Je fais pas partie de leur camp bien évidemment, mais à mon coming out j’ai écris à ma mère qu’il fallait pas qu’elle s’inquiète, que c’était plus facile maintenant d’être gay, qu’il y a vingt ans.

Et c’est pas vrai.

Et j’ai honte.

Et comme je sais pas quoi dire de plus, alors je laisse Mademoiselle K chanter…

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