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Je suis au Québec depuis le 31 Mars.

Le jour des 60 ans de mon père.

J’ai dit au revoir au Qatar, à son excentricité, à son bling bling, a sa poussière.
J’ai dit au revoir à ma mini. Ne rigolez pas !
J’ai dit au revoir à mes amis, mes collègues, qui ont appris à me connaitre, auprès desquels je me suis reposé, et auprès desquel s j’ai ri.

J’ai mis quelques affaires dans 2 valises, et le reste (qui viendra avec Julie en Juillet) dans une malle.

Je suis au Québec depuis le 31 Mars. Avec les deux valises, mes trois paires de chaussures, et mon unique manteau. Sans démaquillant. Parce que faut pas déconner, faut faire des choix quand on part avec deux valises.

Au début je rechignais un peu. C’était l’idée de Julie le Québec. Moi j’aurais bien aimé le Sud de la France. Ou l’Australie.

Et puis il y a eu la guerre. Les gens se sont retrouvés dans la rue, avec des pancartes à la con, derrière une blondasse en débardeur rose. Au début ça faisait drôle. Puis ça a fait mal. Et surtout ça traine en longueur. La France s’est retrouvée divisée. “T’es pour ou t’es contre toi?”. La question qui fâche, la question qui coince. Même au sein de ma famille.

Alors finalement, le Québec, je rechigne plus. J’ouvre mes yeux et mes oreilles (surtout mes oreilles !).

La dame du Ministère de l’immigration hier, a martelé toute la matinée devant la sale de nouveaux arrivants remplie d’Haïtiens, de Magrébins (et moi), que la richesse du Québec se trouve dans sa diversité et sa laïcité. Que le Gouvernement encadrait et englobait toute la diversité des valeurs et des cultures humaines. Y compris le mariage gay. “Parce que le mariage gay, c’est une diversité de comportement humain, pas une anomalie” a-t-elle dit bien fort pour que ce soit bien clair dans toutes les petites têtes.

Je ne me suis pas levée pour l’embrasser, mais ce n’était pas loin.

A tous les gens qui me demandent ce que l’on fait ici, on répond avec ma chérie : “On vient faire une famille”. Et ils disent : “Oh vous savez ici on n’a pas de problème avec ça !”. Le “what do I care” de ma copine Linem.

Alors, le grand écart, entre le Doha et Montréal, on le fait. La claque thermique, le ras de marre culturel, on se le prend dans la gueule. L’adaptation à ses chemins que la raison ne connait pas – c’est pas ça le proverbe ? Parce qu’on a trouvé un coin ou faire notre nid vraisemblablement. Un joli nid pour nos petits poussins.

Mes pensées vont à mes amies, et tous ceux que je ne connais pas, restés en France pendant ces temps difficiles, parce que ce n’est pas vivable de simplement se déraciner lorsque les vents tournent, avec deux valises. Mes pensées vont à une amie qui n’ose rien dire sur son orientation dans ce climat merdique. Mes pensées vont au petit bout numéro deux qui grandit dans un ventre, et qui naitra dans un foyer avec deux mamans totalement dévouées à son développement.

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