Hope

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Les grandes victoires ne sont jamais les plus simples.

Si l’on m’avait dit il y a 11 ans que je serais là aujourd’hui, auprès d’elle, j’aurais signé de suite.
Si l’on m’avait dit il y a 4 ans, que je serais là aujourd’hui, à jouer avec eux, mes deux fils, j’aurais signé de suite.
Si l’on m’avait dit l’an dernier, quand la France dérivait de + en + à droite, que je serais là aujourd’hui, à quelques jours de cette nouvelle loi, j’aurais signé de suite..

Mais quel combat…

Alors aujourd’hui je pense à elle, ou à lui, ou à elle.
Celles et ceux qui n’en sont pas encore là.
Ces jeunes filles et ces jeunes hommes qui sont au début du chemin, là où on se demande ce qui se passe, ce qu’on est, ce qu’on va devenir.
Là où on a peur, de la réaction des autres, de ses propres parents, de ses propres amis.
Là où on doit chercher l’amour, comme tout le monde mais pas vraiment comme tout le monde.

Je m’imagine avoir 18ans, dans toute la force fragile de ce début de vie d’adulte, cette tourmente sentimentale et corporelle. Cette découverte de la sexualité, les peurs, les questions. Je me rappelle cette boule au ventre face à mes meilleurs amis, qui se sont avérés depuis être les meilleurs du monde en appréhendant la question « Et ton copain il s’appelle comment? »

Je m’imagine sortant des partiels de janvier, posée sur mon canap, seule ou accompagnée, à prendre une petite pause tisane Pomme Cannelle devant la télé.. Et entendre tout ça.
Ces claques dans la tête, une fois, deux fois, dix fois.
Non, tous ne sont pas homophobes, mais certains le sont.
A la fin de la belle manif pour tous, festive et familiale comme on nous l’a dit, il y avait quand même des gens qui réclamaient la repénalisation de l’homosexualité. Le saviez vous? Vous étiez vous retourner vous qui étiez devant, sous les ballons rose, bleu, et blanc?

Alors voilà, aujourd’hui, moi je suis où je suis, à deux doigts de toucher la dernière marche de ma vie que je trouve jusque là plutôt réussie.
Cette vie que j’ai eu la chance inouie de vivre, de rencontre une femme extraordinaire, à 20ans, d’être arrivé après les débats nauséabonds du pacs, de parcourir le monde et la vie à ses côtés, d’avoir une famille, une belle famille et des amis en or, d’avoir la chance de fonder notre belle petite tribu, acceptée et intégrée sans aucune exception dans tous les gestes de la vie courante et d’être à deux doigts de l’officialiser.

J’ai envie de parler à elle, et à lui, et à elle aussi.
Leur dire de ne pas tout écouter.
Que le prisme des médias rend tout fort et violent, que la vraie vie n’est pas si triste, si violente. Si bête.
Bien sur, ces gens qui pensent toujours mieux que nous sont là, mais sans la force de la masse, déjà souvent ils se taisent.
On connait même une députée, qui n’a de représentatif que le nom, qui mélange le mariage gay avec le mariage avec les animaux mais qui est toute mielleuse devant sa nièce et sa compagne..

Alors oui, les semaines qui viennent de s’écouler ont été fucking hard.
No comment

Dites vous que nous tous, on est tous un peu triste aussi, mais qu’il est plus facile de crier contre que de défendre une cause. La France n’est pas ce pays de réactionnaires qu’on veut nous vendre, c’est un pays qu’il est dur de faire changer, avancer, réformer, qui râle tout le temps mais la France c’est pas « que » 800 000 personnes qui défilent.. c’est aussi 64 millions de personnes qui défile pas.
Je n’oserais pas affirmer qu’ils sont tous pour le projet de loi mais quand même, dans ma vie je me fais mon petit panel, je croise beaucoup de monde, et j’ai vu beaucoup, beaucoup, de gens un peu tristoune dimanche soir.

Alors, faut pas se laisse trop abattre, on est près d’une belle avancée, dans quelques semaines on se rappellera j’espère de tout ça comme un mal pour un bien..
Reprenez une Tisane Pomme Cannelle, éteignez la télé et allez réviser nonméo ! Faudrait pas rater votre année non plus !

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