Mon coiffeur, ce facho

coiffeur

Ce matin, je me suis levée patraque. Y a des jours avec, et des jours sans. Et des jours plus que sans. Déjà, levée c’est un bien grand mot pour quelqu’un qui a  somnolé  3 heures entrecoupées de bruit de perceuse du voisin, après avoir été levée plus de 24h et pas 24h des plus faciles.

Je vous raconte. En bref.
Hier matin, 6h32 Goslinou se réveille. En ce moment, son truc c’est d’hurler. Fort, violemment, le genre de truc qui vous met du bon pied. A 7h14 alors que je tente de me rendormir, BradPittou  fait une grosse colère, pour une histoire de gâteaux de petit dej je crois.

Ajouter ensuite une première journée de 12h à s’occuper de deux lardons, les faire manger, ranger, les faire dormir un peu, re ranger, faire le repas du midi, du gouter, du soir, du lendemain parce qu’ils vont a la crèche. Secouer bien.
12H25 Goslinou crie pour manger sa compote.
13H14 BradPittou pleure parce qu’il ne veut pas aller à la sieste.

A 14h42 je me prends la tête avec une pote. Ca arrive, mais bon c’est chiant. J’essaie de me reposer un peu devant une série mais mon ordi plante. A 15h55 je me brûle en sortant une tarte du four.

A 19h30 ma deuxième journée de 12h a commencé, non parce que des fois je travaille la nuit, c’est comme ça c’est mon job. J’ai passée 12h auprès d’une femme que j’ai aidé à avoir un enfant, un beau, vraiment. Je me suis pas dit, tiens elle a pas le droit, elle est trop ci ou ça. Personne ne devrait avoir de jugement là dessus c’est son enfant apres tout.

A 1h du matin elle avait mal, elle avait peur, de pas savoir faire, de me décevoir. Je lui a dit que je m’en foutais bien de savoir comment elle faisait ci ou ça, que la question n’etait pas de me faire plaisir ou pas, qu’elle devenait maman, c’était bien ça l’important.

A 3h05 elle était fatiguée, de ses douleurs, de ses angoisses un peu sûrement. Elle disait des bêtises genre « je suis fatiguée, je vais mourir ». Je l’ai engueulée, avec ma grosse voix et mes sourcils froncés, je lui ai dis que ça se disait pas des trucs comme ça, nonméo. Je l’ai faite rire, elle m’aimait bien. Tout le monde m’aime bien (joke bien sur).

A 6h02 elle a finalement accouchée, d’un beau bébé, vraiment.
Et elle est devenue maman.
Et puis elle a perdu du sang. Beaucoup. Ca arrive, rarement, mais ca arrive. Mais c’est pas grave, je gère, je me jette pas des fleurs, c’est vrai, c’est mon travail, je sais gerer cela. Je lui avais dit qu’elle allait pas mourir, c’etait des bêtises, il fallait pas me faire mentir. Alors je lui ai un peu sauvé la vie, il paraît (enfin pas que moi hein).

A 8h34 j’ai aperçu mes garçons, un peu transpirante, et dégoulinante d’adrénaline parce que sauver des vies c’est un peu fatiguant. Je les ai déposés à la crèche en leur disant que je les aimais, mes deux fistons, et que j’aimais leur maman, plus que tout. Parce que c’est ça l’important, l’amour, la vie, la famille.

A 9h12 j’ai prévenu les colocs, je serais un peu fatiguée les prochains jours, ne comptez pas trop sur moi pour la peinture des portes. A 9h35 J’ai tenté de dormir un peu et à 10h32 mon voisin a fait de la perceuse prés de ma tête. A 13h24 je suis sortie de mon lit, j’avais encore la tête en vrac, du sang et de la perceuse. 14H20 J’ai décidé de prendre un bain, pour me la vider et comme cela n’a pas marche complètement alors j’ai décidé d’aller chez le coiffeur.

A 14h55 je suis entrée dans le salon chez mon coiffeur de droite relou qui m’énerve mais qui coupe bien les cheveux. J’avais besoin de me changer les idées, de pas trop penser à des trucs importants, la politique de trottoir ferait l’affaire. Allez va pour tailler un costard à François pendant le shampoing et grondez tous ces français assistés en m’asseyant au bac.

J’ai pris mon air passe partout, celui qui dit « allez y, parlez, je m’en fous, presque de tout ». J’ai souri distraitement aux impôts qu’on paie trop et à Depardieu qui part mais qui a bien raison parcequ’on paie trop en France hein madame, à gauche la raie s’il vous plaît.

Et à 15h25, sorti de nul part, entre Berlusconi et juste au dessus de l’oreille comme ça oui?
 Il a dit « Mais moi, ce qui me dérange vraiment, c’est quand même le mariage homosexuel ».

C’est là je crois, plus qu’apres 24h d’eveil, des tonnes de jouets rangés, et des litres de sang versés, que je me suis vraiment sentie fatiguée…

Là que je me suis dit, que je savais bien gerer ma vie, mes amours, mes garcons, mes potes…
Que je savais aider des femmes, des hommes, à devenir parents et à ne pas mourir accesoirement…

Mais non la betise, decidemment je ne savais pas toujours bien la gerer…

Alors pour faire joli on va dire que je n’ai rien dit.
Mais que je suis partie. Fatiguée. Mais les cheveux mouillés.

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