Boule bleue

Fecondation2

Puisque c’est la guerre, venez chez nous!

Ou le blog de six familles homoparentales ou en devenir.

Le « en devenir » c’est moi. Bah oui, il en faut, des « en devenir ». Question de statistiques, de mains plongées dans l’urne – merde une boule blanche. Recommence… encore une blanche ! Pas de boule bleue pour moi, pas encore.

« En chantier ». « Under process ». « Loading ».

J’ai eu une période ou mon horloge interne s’est faite monstrueusement bruyante. Il fallait un bébé. Il nous fallait ce petit être adorable entre nous. Maintenant, tout de suite. C’était une période « je m’en fous ».

« Mais on est au Qatar »

« je m’en fous »

« Mais on risque la prison si t’es enceinte »

« je m’en fous on partira dès qu’on sait »

« Mais y des billets directs Qatar-Bruxelles seulement 2 fois par semaine »

« Je m’en fous, on passera par Paris. Ou Londres, on s’en fout »

C’est pénible, ces périodes ou on s’en fout de tout. Du travail, des sorties, du paysage. Tout ce qui nous importe, c’est  ce temps qui passe et qui semble gaspillé, les jours J1 sur le calendrier, et les ventres ronds des femmes autour de toi (qui poussent comme des champignons !).

Alors on est allées à Gent (en passant par Paris), rencontrer une psychologue. Elle nous a donné quelques papiers scientifiques sur le mode de développement de l’enfant au sein d’une famille homoparentale (je m’en foutais j’avais déjà tout lu) et nous a posé quelques questions. Simples pour un couple qui se prenait déjà le chou sur des questions innombrables depuis bien longtemps (comme donneur connu ou inconnu ? qu’est ce qu’on fait le jour de la fête des pères ? quel parrain lui choisir ? quels mots employer pour raconter d’où il vient ?). Puis on a rencontré le docteur – qui nous a fourni toute une liste d’examens à faire. On n’en parle pas, de ces examens qui pourrissent la vie. Des prises de sang, des hystérosalpingographies qui n’ont pas que le nom de barbare, loin de là, des échographies de bon matin pour vérifier la taille des follicules. 18 ? C’est pas mal, mais revenez demain matin. Les billets d’avion last minute. Les inséminations qui prennent en tout et pour tout 4 minutes chrono. Mais toujours l’espoir dans les yeux, et les papillons dans le ventre, et le nœud dans la gorge. Cette fois c’est la bonne. Sinon quoi ? « chut, ta gueule, c’est la bonne ».

Ça n’a pas marché, on n’a pas eu à quitter le Qatar en catastrophe en passant par la case Prison. Je me suis épuisée en 3 mois. 2 essaie et un coup raté. Moi qui suis connue pour être une petite machine de guerre, j’ai tenu 3 mois.

Maintenant que Montréal se profile à l’horizon, je me regarde bien en face et je me méfie de moi-même. Et j’espère ne pas me refaire phagocyter par cette PMA. Pagaille Maximale Assurée.

 

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