Uppercut

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Je me suis plainte dernièrement du silence de certains proches face à ma frustration et ma colère. Mais avec le recul ce n’était qu’une broutille. Parce que malgré leur silence je sais qu’ils sont foncièrement de notre côté. Cette semaine nous avons eu l’immense plaisir d’être copiées dans un email qui ne nous était pas destiné, mais qui parlait pourtant de nous.

Un oncle (le plus joyeux, le plus rigolo, le plus chaleureux de tous) a transmis une chaine expliquant comment renvoyer à l’expéditeur la lettre expliquant le projet de loi du mariage pour tous, qui devrait être bientôt envoyée par F. Hollande à tous les Français.

« Renvoyez à l’expéditeur sans même l’ouvrir, IL comprendra ce que cela veut dire ».

Et l’Oncle qui transfère cet email de dire « Bonne idée, je transmet… » ; et qui inclut le frère de ma chérie dans les destinataires. Quelle bonne idée.

Pour notre fierté et notre bonheur, et parce que ceci n’est pas forcément une réaction évidente pour tout le monde, loin s’en faut, le frangin a répondu très justement qu’en d’autres temps certains auraient été également contre le droit de vote des femmes, ou contre l’avortement. Et que c’était une bonne chose que la société avance tant bien que mal .

Mais quel motif a cet email ? C’est comme si j’envoyais une déclaration raciste à ma cousine (en couple avec un Antillais). C’est comme si j’envoyais un plébiscite contre l’avortement a une amie qui a dû passer par cette épreuve.

C’est ce qui me fais le plus mal au fond. Les réactions de nos proches. Nous ne les attendrissons pas. Ou alors, nous les attendrissons, mais ils ne poussent pas au-delà. « J’aime pas les homosexuels, mais toi c’est pas pareil, toi je te connais ».

Il y a dans toute cette histoire (pour ne pas dire dans tout ce bordel) beaucoup d’amalgames.

Mariage – religieux ou civil ? Devant Dieu ou pour acquérir des droits et des devoirs ?

Parenté – génétique ou engagement de tous les jours ? L’engagement parental est indépendant du lien de sang, de la procréation et de la sexualité. Peut-on douter de la parentalité de parents adoptants ? de beaux-pères ou belle- mères ? Non. Or on nous martèle insidieusement que la « vraie » mère c’est celle qui a porté l’enfant. Que le « vrai » père est le géniteur. Quand pourrons-nous admettre que la parentalité ne peut être réduite seulement sur le postulat biologique ? Mais qu’elle est surtout liée à l’engagement parental, l’éthique et le sens des responsabilités ? Qu’elle est liée a l’attachement, l’observation, les soins, l’humour, les histoires lues au coin du lit…

Alors amalgames, réticences, différences, on savait qu’on ne pouvait pas plaire à tout le monde. Mais de là à ne même pas faire changer d’avis nos familles, nos proches ? Quoi faire de notre côté que de continuer notre bonhomme de chemin en essayant de ne pas perdre trop de plumes. Et pour les déracinées comme ma chérie et moi, refuser de rentrer en France et planifier une nouvelle vie et un nouveau nid ailleurs. Là où l’on ne nous regardera pas de travers. Ou on ne parlera pas dans notre dos. On trouvera d’autre oncles la bas. Même sans lien de sang.

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