31 cuillères de lait

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Aujourd’hui, nous fêtons ses 31 cuillères de lait usées. Ses 3 dents et demi. Ses 11kg800.
T. a un an.
Comme je l’ai souvent dit cette année, il y a un an nous savions que notre vie allait changer mais pas exactement en quoi.
En amour ? En fatigue ? En stress ?
Un peu de tout ça, oui. Mais tellement plus encore.
Notre vie n’a pas changé. Elle a été re-bootée, re-setée.
Il a fallu la ré-apprendre. La lire différemment. Ne pas la comprendre aussi parfois.
L’amour, la fatigue, le stress, oui. Mais aussi le doute, l’angoisse, les fous-rire, les larmes, la plénitude.
Le bonheur oui. Mais là où on ne l’attendait pas toujours.
Dans sa main qui caresse la mienne lorsque je lui donne son biberon.
Dans son sourire en coin lorsque nous dansons.
Parce que nous dansons.
Dans sa joie de découvrir qu’un chat, ça fait aussi des bonds.
Dans son impatience qu’il partage tellement avec son autre maman.

Aujourd’hui, nous fêtons ses premiers pas. Les premiers cris. Les premières colères.
Il y en aura beaucoup d’autres.
Il y aura aussi encore de fougueux baisers, des bobos à soigner, des frustrations.
Dire que nous l’aimons n’a aucun sens.
Nous l’avons.
Nous le respirons. Il est le ciment de notre couple. Quoi qu’il arrive.
Il est peut-être le premier. Peut-être le dernier.
Il sera toujours cette aventure unique. Incomparable.
Et pourtant que d’aventures nous avons eues. Ensemble ou séparées.

Aujourd’hui je me souviens de cette grossesse idyllique. De notre dernier week-end dans la Drôme où les virages m’ont fait croire que je pouvais accoucher à tout moment.
De la drôle de nuit juste avant.
De cette fatigue juste avant.
De la perte des eaux. De l’excitation à le rencontrer.
De cette joie si douce à le contempler dans sa couveuse.
De la folie des premières nuits à lire des recettes à voix haute, faire les courses sur internet, inventer des chansons pourries en attendant qu’il s’endorme.
De la fatigue des premiers mois qui transforment des mamans en zombies et un couple en fantômes.
Je me souviens de mon corps qui tremble lorsque la pédiatre entend un souffle dans son coeur.
Des copines de ce blog notamment qui me rassurent.
De la cardiologue, l’un des médecins les plus humains que j’ai jamais rencontrés.
Et je constate qu’à chaque problème il y a une solution. Une organisation.
Que la vie pousse en lui. Vigoureux petit bonhomme que nous surnommons le déménageur.
A la force incroyable. Au sourire ravageur. Et comme disait la serveuse du restaurant “aux yeux auxquels il faudra attacher des barbelés à l’adolescence”.

Aujourd’hui, nous fêtons ses 31 cuillères de lait.
Je le sais.

Je les ai comptées.

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