Enfoncer des portes fermées

Je vais vous faire une confidence.
Avant, il n’y a pas « si » longtemps, je n’étais pas favorable à l’homoparentalité.

Pourtant je n’avais pas 20 ans, j’étais jeune et de gauche, j’avais encore cette insolence qu’ont les jeunes de croire que tout est beau et possible, le communisme et les bio carburants. Je défendais l’égalité pour tous, la fin des discriminations quelles qu’elles soient et j’avais, comme beaucoup de monde, pleuré un soir d’avril 2002 quand un type pour qui je n’avais pas voté n’etait pas passé au 2e tour.

Bref je réflechissais sur le monde avec une grande ouverture d’esprit je pense. Et pourtant, j’étais contre, ou au mieux sceptique, sur la question de l’homoparentalité. Et je partageais déjà mon quotidien avec une fille à l’époque, j’avais meme l’impression de l’aimer, un peu je crois. Mais non, en fait je l’aimais pas et non j’étais sceptique.

A posteriori, je sais maintenant plusieurs choses.
Quand on est jeune on a pas toujours raison. C’est aussi valable quand on est moins jeune, sauf que quand on est jeune on veut moins facilement l’admettre.
Le communisme et les bio carburants ne sont pas si géniaux que ca.
Et Lionel Jospin est un connard rétrograde et machiste, au vu de ses derniers propos, bien fait pour sa gueule.

Je ne suis pas sure de beaucoup de choses dans la vie, mais je me pose beaucoup de questions, et l’avantage (si, si) c’est que, des fois, rarement, je trouve des réponses. Et une des choses dont je suis sure, c’est qu’on « chemine » dans la vie, dans son esprit, et surtout concernant ce sujet.

Au niveau personnel avant tout, on « chemine » dans son homosexualité, on la ressent, on la découvre, on évolue, on l’accepte, on pourrait développer bien sur mais ce serait trop long. Et pour l’homoparentalité c’est pareil.
On est souvent d’abord contre. Ou sceptique. Principalement parce qu’on ne connait pas, qu’on ne « sait » pas.

C’est un peu notre envie ici.
Enfoncer ces portes fermées.
Expliquer, montrer, discuter. Evoluer…
Cela implique bien sur une discussion, une ouverture d’esprit, une envie de comprendre. On ne peut pas faire changer d’avis une porte condamnée. Et cette marge de la population, coincée dans ses principes et ses prejugés reste, je l’espere, marginale. Mais, il y a une masse, importante, bien pensante pourtant comme on dit, qui doute, qui s’oppose au projet de mariage et d’adoption pour tous.

Cest à cette masse que je veux parler. On dit souvent « Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants ». Et bien, justement. Venez voir nos enfants, venez voir chez nous. Venez confronter vos principes à nos réalités, discuter, échanger, polémiquer. Evoluer.
A travers nos cheminements, nos histoires, petit à petit on avance, petit à petit on devient moins petit.

A titre personnel, avant, j’étais donc aussi sceptique sur la question.
Et puis j’ai rencontré, je l’ai deja dit, une personne extraordinaire. J’ai decidé d’essayer de la faire entrer dans ma vie. J’ai réussi (sourire), là aussi c’est une longue histoire. J’ai décidé de partager ma vie avec elle et de m’engager à la rendre heureuse, et je m’emploie chaque jour qui passe à le faire du mieux que je peux.

Et puis j’ai vu en elle, un parent formidable. J’ai vu en elle une mère pour mes enfants, une femme de valeur avec qui je partage les memes principes, une équipière pour la vie et dans cette future tempete que seraient sans doute les futurs lardons.
J’ai vu en nous un couple solide, plein d’amour, d’évidence et de force.
J’ai cru en notre stabilité, notre capacité à tenir le cap dans les eaux troubles, dans les joies comme dans les doutes.
J’ai regardé notre entourage, les X, les Y. J’ai senti leur soutien et c’est important, j’ai su que tous, papi, mamie, tonton, tata, parrain, marraine, ils allaient contribuer à former ce cocon multiculturel, chaleureux et zinzin, propice à l’épanouissement de nos futurs lardons.

A ceux qui trouveraient à redire, venez, exprimez-vous. Toutes les questions que vous vous posez, je me les suis posées avant vous. Et j’y ai apporté des réponses. Ces réponses n’ont pas valeur d’évangile comme on dit. Ce ne sont peut etre pas les votres, ou celles que vous apporteriez à vos enfants. Et alors? Chacun dans son histoire, dans sa vie, se construit différemment. Mais moi, j’avais les réponses à donner aux miens, mes enfants.
Meme s’ils auraient deux mamans.

Il y avait tous les ingrédients pour la recette.
Et je me lève maintenant chaque matin pour elle, et pour lui, et pour lui aussi.
Et peut etre meme pour d’autres un jour.

They make me happier, than I ever thought I could be,
And I will spend all my life, try to make them feel the same way.

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