Vos papiers

Le monde se divise en deux, avec une belle ligne blanche nette impeccable au milieu. Ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Les beaux, les moches. Ceux nés en Afghanistan, ceux nés en Allemagne. Les riches, les pauvres. Les grands, les petits. On pourrait continuer comme ça longtemps hein ?

Mais heureusement pour nous (hourra ! hourra !), il y a des Nations qui ont un degré de civilisation tel qu’elles veulent abolir ces injustices, ces limites absurdes.

« Liberté,     égalité,     fraternité »

Placarde partout, sur les frontons, les monuments, les mairies, les pièces, les statues.

Le mensonge réside dans le troisième terme, « fraternité ». Pour établir une fratrie, il faut décider qui en fait partie, qui n’en fait pas partie. En circonscrivant un ensemble d’êtres solidaires qui s’entraideront qui qu’il arrive, il faut aussi designer ceux qui seront tenus à l’écart et n’y appartiendront pas.

Bref, il faut tracer des limites. Des que tu dis « fraternité », tu contredis « égalité », les deux termes s’annulent ! On en revient toujours là, à la frontière. Il n’y a pas de société humaine sans frontière.

Merci à Eric-Emmanuel Schmitt pour cet éclairage. La frontière « qui a le droit de se marier » est décidément bien dure à gommer.

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