Ce qu’on ne m’enlevera pas

Des fois, rarement, je pense à ca.
Cet impensable.
Et si…
Et si on me l’enlevait…

Ce petit bout de lardon aux cheveux foufous. Pas elle, non ca je sais que non. Mais la vie, dans sa cruelle lancée pourrait me les enlever, tous les deux. Parceque lui et moi on est « rien » il parait. Que certains se permettent meme d’y mettre des guillemets parait il. « mon fils », quel inepsie.

On ne m’enlevera pas ces yeux, les exactes repliques de ceux de sa mère qui m’ont seduit 10 ans plus tot, qui se sont ouverts pour la 1ere fois, devant moi pour devenir ses yeux, un soir de fevrier, où il faisait super froid.

On ne m’enlevera pas ses yeux, les memes que ceux de sa mère qui m’ont dit « I do » un jour d’avril de 2009, où il faisait froid aussi, qui me regardaient implorant parcequ’il avait mal et que des miens je lui disais que tout irait bien.

On ne m’enlevera pas ses doigts, serrés sur les miens, juste lui et moi face à ceux qui le piquait partout dans un bloc operatoire bleu où il faisait pas tres chaud non plus.

On ne m’enlevera pas ses sourires, ses 2 dents avec qui je lui apprends à croquer la vie, ses cheveux improbables qui commencent tout juste à s’assagir, ni ses petits pieds croisés, doigts de pieds en eventail, pret à parcourir le monde…

On ne peut pas m’enlever son visage qui s’emerveille quand il me voit rentrer le soir, ses calins quand il blottit sa tete dans mon cou, ses petits doigts qui s’entortillent dans la racine de mes cheveux…

Alors je n’y pense pas.
Pas souvent.
A ca.

Et j’attends.

J’attends cette fichue loi, qui pourrait etre pour demain, mais non.
J’attends d’avoir le droit d’adopter mon fils, ses yeux, ses doigts, son sourire.
J’attends de remplir des papiers, de voir des psychologues peut etre, de demander à un juge, pour etablir, enfin bien sur.. cette evidence là.

Et en attendant, quand j’ai peur, un peu, rarement.
Je repense à tout ce que rien, ni loi, ni personne, ne m’enlevera..

Toi…

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