London (without) Baby!

Voila c’était fait son doudou était dans la valise, ainsi que ses livres préférés. J’ai mis quelques gouttes de mon parfum sur son surpyjama, veillé à ce que rien ne manque. La grande aventure, deux nuits sans notre petite fille.
Pas évident de laisser sa tenue de maman pour retrouver celle de femme et de compagne quand votre bout de chou vous faire un au revoir de la main avec une moue d’incompréhension en vous voyant partir sans elle.

Alors c’est vrai qu’on début on cherche un peu nos marques, on se retient  de parler naturellement d’intendance, d’heures et de biberons. On a la larme à l’oeil quand on voit les enfants courir dans l’aéroport en se disant qu’elle serait bien là avec nous, qu’on est un peu égoïstes quand même. Et le lendemain matin on se réveille à 7h du matin avec un « hin hin hin je savais qu’on ne casserait pas si facilement les habitudes », alors on déjeune en regardant les chaises hautes et les enfants qui jetent leurs bibs par dessus bord. Et malgré tout ça nous manque de nous baisser dix fois pour ramasser le capuchon du biberon et l’on aimerait subitement porter un t shirt disant « moi aussi je suis maman » car on se sent un peu comme une coquille vide sans elle. Et puis l’on remonte dans la chambre en pensant que malgré tout grâce à cette habitude de se lever tôt on va pouvoir profiter de la journée. C’est ainsi qu’ au détour d’une conversation sur le lit on s’endort comme des pierres  jusqu’en début d’après midi.

Et là fraîches et dispos on redevient subitement l’autre, celle d’il y a 18 mois : vous savez celle qui n’a pas de cernes, qui ne regarde pas sa montre toutes les heures en calculant le trajet, plus l’heure du goûter, moins le changement de couches. Les mégères qui  s’engueulent parce que « tu pourrais la surveiller quand même elle mange des lacets là! », « Mais laisse moi faire faut la laisser s’émanciper cette petite », « tu as pensé aux petits filous? », « tu donnes le bain ou c’est moi? ».

Subitement nous avions le temps. Un luxe! Le temps!  De nous prendre la main, de se parler, de se regarder, de rire. Nous avons filé sur Camden Town ou nous avons essayé des tas de perruques ridicules, puis nous avons traversé le marché pour arriver au bord de la Tamise près des échoppes qui vendaient de la nourriture mexicaine, vietnamienne, congolaise…Nous avons mangé au bord de la Tamise sur de faux scooters, dansé dans un bar brésilien. Nous avions encore du temps. Nous avons filé sur le quartier chinois, remangé, rit à nouveau. La soirée venait de commencer. Nous sommes allées à Soho au Ronnie Scotts JAzz Club pour écouter le concert de Dee Dee Bridgewater. A 2h du matin, ChérieLégo me propose timidement « et si nous allions danser? ». -ah cette heure là? (reste d’habitude). Mais oui au fait, pas de lever à 6h du matin, pas de biberon. Du temps!

C’est comme ça que nous avons passé une nuit blanche à Londres. Et que nous nous sommes rendues compte qu’en grattant bien sur notre vernis de mamans, au fond nous étions toujours les mêmes.

 

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