Anything’s possible

Je suis tombée amoureuse d’elle à 28 ans.

Je n’avais jamais pensé à vivre avec une fille avant cela. Passé la surprise, j’ai écouté mon cœur, parce que tout est possible.

J’ai fait un grand chamboulement dans ma vie. On a changé de pays pour commencer un « nous ».

J’ai eu envie d’un môme avec elle. Parce que j’adore sa façon de fourrer vite fait des affaires, toujours trop (à premiere vue seulement), dans un sac et partir avec enthousiasme. J’ai reconnu un parent en elle. Même si elle n’avait que des gamètes femelles à m’offrir. Mais puisque tout est possible nous sommes allées en Belgique.

Puis est venu le temps désagréable des tests médicaux et des mauvaises nouvelle qui déstabilisent. Et dans ce petit pays du Golfe Arabique « le plus » ceci « le plus » cela, il n’est pas possible d’être enceinte sans mari (ayant des gamètes males). Alors elle a choisi le Québec. Il y a 20 mois. J’ai dit ok.

20 mois après, nous avons le visa.

Tout est possible.

Il a fallu rassembler les notes de lycée/collège/maternelle. Il a fallu faire des tests médicaux (différents), comprendre ce que l’on nous demandait, répondre avec réactivité pour éviter les temps morts, réunir les casiers judiciaires de tous les pays dans lesquels nous avons passé plus de 6 mois et bien d’autres tortures.

Mais c’était possible. Et nous avons le visa. Rendez-vous compte ?

On a repéré le centre de fertilité à Montréal. Rendez-vous pour Avril.

Ce soir je suis toujours coincée sur mon bateau mais mon cœur est léger. Même s’il a un peu plus cet après-midi, maintenant les nuages ne sont plus que décoratifs et non menaçants, et le coucher de soleil se montre prometteur. Il a plu parfois ces derniers 20 mois. Il pleuvra aussi demain ou après demain. Mais ce soir je me laisse gagner de nouveau par cette sensation, tout est possible.  Et je dédie à J. cette victoire, parce qu’elle a été le chef d’orchestre tout au long de ce dossier d’immigration.

A mon binôme de vie avec qui tout est possible.

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