Puisque c’est la guerre… venez donc chez moi

Ou Le cri dune fille « normale »

Allez, that’s it, c’était une fois de trop, un mot de trop, une affiche qui fait déborder le vase. Placardée là, entre le festival du hiphop et celui de la saucisse (si, si). Le 17 Novembre, La manif pour tous. Waouh déjà rien que le titre, enfin bon, je vais pas m’égarer, et pas faire de second degré c’est trop important.

C’était la fois de trop, celle qui a tout fait déborder. Après les commentaires désobligeants, les insultes, les comparaisons nauséabondes, sans même parler de la discrimination qui semble être un fait acquis et inébranlable, c’est trop. Une escalade de bêtise et de haine, je ne vais pas attendre les bras croisés, faire le dos rond jusqu’à ce que ça passe et laisser mon fils de 2 ans et demi me redemander « Poukoi pleure Maman? »

Je ne vais pas lui expliquer à lui, pourquoi je pleure, je ne vais pas lui expliquer à lui que la vie n’est pas faite de noir et de blanc, que la « normalité » est une nuance bien sensible et que bien malin est celui qui se prétend la défendre, la protéger contre ce fléau, que dis-je cette menace nucléaire que je semble représenter. Lui, il le sait déjà.
Du haut de ses 2 ans et demi, il sait bien plus de choses sur la vie que certains donneurs de leçon qui crie des énormités dans les rues et jusque dans les couloirs du parlement.

Je comprends les doutes, les questions, l’inconnu. Je comprends le débat, les interrogations et je respecte les avis divergents. Mais pas quand on ne sait pas. Et si vous avez peur de moi, c’est que vous ne me connaissez pas.

Venez, venez chez moi, venez voir comme cela ressemble vraiment à un appartement « normal », d’une famille « normale », avec des jouets qui traînent partout, de la vaisselle en retard et des Popi à la place des revues. Venez voir mes garçons, comme ils sont éduqués, les valeurs qu’on leur donne, les repères aussi. Venez voir les référents qu’ils ont, de toutes les sortes, des féminins, des masculins, des grands, des petits.. Venez voir que non « je ne leur mens pas », jamais, qu’ils savent d’où ils viennent,qu’ils connaissent leurs origines et les différences de notre société.. qui, je me permets un avis, ne la rendent que plus belle il me semble..

Allez y demandez moi…Comment on fait, comment ils sont arrivés, je veux bien tout vous dire s’il le faut, le parcours qu’on a eu, les doutes que l’on rencontre, les questions que l’on se pose sans cesse en devenant parent, combien de fois on baise aussi si vous voulez.. beaucoup moins depuis qu’on est devenu parent si vous voulez tout savoir.. Comme tout le monde non? Allez y, si vous voulez, demandez moi, tout peut y passer pour vous montrer que je suis ennuyeuse de « normalité » au final.. que je galère comme tous les parents, les mêmes inquiétudes, des la seconde de leur naissance, les cernes sous les yeux et les listes de choses à faire en tableau Excel sur le frigo.

Dites vous aussi, que toutes les questions que vous vous posez, je me les suis posées avant vous. Je n’ai jamais revendiqué un « droit a l’enfant ». Ce mot n’a pas de sens. J’ai rencontré une personne, extraordinaire, encore un avis personnel.. avec qui j’ai décidé de faire ma vie, avec qui, après de longues réflexions, j’ai décidé de fonder une famille. Et je l’ai fait. Nous l’avons fait. Sans rien demander à personne. Parce que c’est quoi le deal? Y a pas de « droit à l’enfant » mais y a une sorte de « permis à points » d’être parent, toi tu peux, toi non tu peux pas. T’es trop jeune, trop vieux, trop gay, trop quoi?

Vous savez, je partage la même foi que certains d’entre vous qu’on voit à la télé. Mais je crois qu’on en a pas retiré les mêmes valeurs fondamentales. Ma foi me pousse à aller vers l’autre, pas à le rejeter, l’insulter. Ma foi me dit que les gens sont différents, mais qu’avant de les juger, je pourrais peut être me dire que j’ai quelque chose à apprendre d’eux et de cette différence.
Ma foi m’a appris le respect, et l’amour surtout.

Ma vie est la mienne, pas la votre. Je ne vous « l’impose pas ». Je ne veux pas me marier pour détruire vos mariages. Je ne vous imposerais pas de venir boire une coupe de champagne à la cérémonie. Je vis ma vie, dans mon coin, avec mes garçons et c’est vrai, leur 2 mamans. Et quand je regarde dehors, quand j’allume la télé, la radio, que je vois les panneaux d’affichage, j’ai l’impression que c’est la guerre…

C’est quand même con la guerre, quand on parle d’amour, et d’enfants.

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